Alpha Condé, « Pouvoir et décadence » !


Par son ambition sans cesse renouvelée et son culot inoxydable, Alpha Condé, obscure ‘’opposant historique’’, aujourd’hui presqu’octogénaire a réussi l’exploit en 2010, dans des conditions troubles, de se hisser à la plus haute sphère de l’Etat guinéen : la présidence de la République.

A son arrivée, il fut applaudi même par certains de ses adversaires, au regard de son combat affiché pour l’instauration de la démocratie en Guinée. Ce combat a forcé l’admiration et a fait d’Alpha Condé l’homme qui ne laissait personne indifférent :soit on est d’accord avec lui soit on le déteste.

Quoi que l’on pense de l’homme aujourd’hui, dix ans au pouvoir, son personnage, tout en contradictions et en extrêmes, reste une source de désillusions mais surtout d’étude inépuisable. Pourtant, son avènement à Sékhoutouréya aurait dû rallier des hésitants, renverser un ordre établi, galvaniser les esprits, mobiliser pour la poursuite d’un combat démocratique entamé depuis plus de 40 ans. Sauf que l’homme se révèle vite à l’opinion. Franc-maçon de son état, Alpha Condé, partagé souvent entre vulgarité bête, stupidité et arrogance incurables a fini par devenir une honte pour les démocrates, un agacement pour sa propre famille politique et, pour tout dire aujourd’hui, un danger permanent et avéré pour la sous-région ouest africaine. Homme politique fascinant et flamboyant aux discours avec un regain de panafricanisme,Alpha Condé aura suscité autant d’adulation hier que d’indignation aujourd’hui, avec le parjure anthologique perpétré contre la Constitution. C’est le début de la fin pour Alpha Condé.

Englué dans son histoire de modification de la Constitution synonyme de 3è mandat (présidence de à vie), l’octogénaire va bientôt être contraint de quitter l’arène politique où il était entré – pourrait-on dire désormais – par effraction il y a maintenant dix ans. Cerné par des opposants et une kyrielle d’acteurs de la société civile guinéenne, Alpha Condé ploie mais ne cède toujours pas. En dix ans, il a causé de nombreux dégâts : la division de la société guinéenne entre des communautés meilleures et des personnes de seconde zone. Avec pour seul slogan : tous ceux qui ne sont pas pour moi sont contre moi et donc des ennemis à sacrifier.

Démagogue et populiste à souhait, le leader du RPGa enrichi ses proches, copains et coquins, notamment dans les mines et dans les marchés publics. Sans foi ni loi, il a fracturé les fondamentaux même de la démocratie. Aujourd’hui, acculé, il veut adapter son offre politique à la demande des rares militants qui lui restent encore inféodés. Par militantisme aveugle et revanchard ou par communautarisme béat, l’autre donnée universelle imposée aux Guinéens depuis l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2010. La décadence du pouvoir, bien que longue, sonne, l’issue de secours de ceux qui le soutiennent par intérêt se rétrécie. Les soutiens sérieux s’amenuisent. Mais jusqu’à quand résistera vraiment le despote qui fait tirer sur les corbillards?  

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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