Cas Sanoh (PCUD) : quand le régime forge la réputation de sa bête à abattre…


Le président de la Plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD), Abdouramane Sano est devenu l’homme à abattre du régime d’Alpha Condé. Si jusque-là c’était un secret, à ce jour, avec la sortie de Damaro Camara, l’autre pyromane sur les antennes d’un média privé les choses sont claires : «Abdourahmane Sanoh est un opposant, il n’est pas de la société civile. Il déteste particulièrement Alpha Condé. Il est de l’opposition. »

Cette accusation en dit long sur la volonté du régime à nuire l’homme de la société civile. Celui-là même qui n’a pas encore fini de digérer le départ, le 29 janvier de la PCUD de la CNTG et de l’USTG déjà financées par le pouvoir de Conakry. Raison invoquée dans le courrier adressé à la PCUD: « des positions incompréhensives (NDLR, de la PCUD) dans la gestion des crises sociales affectant notre pays ».

Dire aujourd’hui qu’Abdourahmane Sano est derrière un coup d’Etat qui se prépare, des insurrections en gestation et des troubles en cours, c’est certainement mal connaitre l’homme. Il est en effet resté lui-même. Abdourahmane Sano, le ministre de l’Agriculture et de l’élevage avait démissionné en 2009, estimant que le gouvernement est moralement responsable après la répression sanglante de la manifestation de l’opposition le 28 septembre.

Proche du Premier ministre Kabiné Komara et venu du secteur privé, Abdourahmane Sano est sans équivoque : « Si le gouvernement n’est pas impliqué dans cette tuerie, il en est moralement responsable ».M. Sano est un homme de conviction, après sa démission, il a interpelé les hauts responsables de la junte de « s’éloigner de tous ces hommes d’affaires et opportunistes qui, par leurs pratiques de corruption et de démagogie, transforment l’institution présidentielle en un centre d’affaires et de trafics, ternissent l’image du titulaire et affaiblissent l’autorité de l’Etat. »

Abdourahmane Sano avait attiré l’attention de l’autorité civile d’antan qui« doit cesser d’intervenir dans les procédures des marchés publics, faire arrêter le pillage des ressources naturelles et financières du pays, ainsi que le gaspillage dans les dépenses militaires. Il doit enfin arrêter les nominations de faveur, notamment dans les Départements ministériels, etc. Car, ces pratiques, qui provoquent de nombreuses frustrations au sein de nos populations, sont sources d’instabilité des institutions. »

 Comme si cela ne suffisait pas, l’ex ministre de l’Agriculture avait demandé   au Président de la République par intérim et le Premier Ministre de« rendre justice aux fonctionnaires, en revalorisant rapidement leurs salaires, au moyen, entre autres, d’économies réalisées dans le cadre de l’arrêt des pillages en cours, depuis le 23 décembre 2008. Ce ne serait que justice, au regard de tout ce qui a été fait pour les forces de défense et de sécurité, au courant de la seule année 2009. »

 Ce qu’il a osé dire sous la junte, il osera certainement le dire aussi sous le régime civil que dirige actuellement Alpha Condé, celui-ci qui se vante d’avoir bien apporté le changement en Guinée.

En s’attaquant à la gouvernance du régime actuel, on assimile Sano à un ‘’fouteur de bordel’’. Il droit dans ses bottes. Les syndicalistes qui étaient affiliés à la PCUD peuvent consulter le passé d’Abdourahmane Sano. Il n’est pas un homme à acheter. Il dénonce et propose et c’est cela la responsabilité.Aujourd’hui, avec l’envol du FNDC, Sanoh se fait son bonhomme de chemin. Tous les projecteurs sont braqués sur lui. Et c’est aussi banalement que le régime de Condé forge des réputations historiques. Actuellement, c’est le tour d’Abdourahmane Sanoh.

Son jour est bien arrivé avec son kidnapping et sa présentation devant le Tribunal de Dixinn. Sanoh, ce géant aux pieds d’argile a été rendu célèbre par Alpha Condé : « Je suis très calme, c’est pourquoi je laisse les gens s’agiter, mais ils ne trompent personne. La grève des enseignants l’année dernière, il y avait quelque chose derrière. C’était des gens qui pensaient qu’ils peuvent renverser le gouvernement en s’appuyant sur certains militaires. En tête Sano de la PCUD (Plate-forme des Citoyens Unis pour le Développement), un petit bandit comme ça-là qui exploite ses travailleurs et qui ne les payent pas. Et qui après, n’a pas honte de m’écrire président pardon aide-moi. Voilà quelqu’un qui se présente comme combattant et qui, dès qu’il y a un petit problème court pour demander pardon. »

Grosse erreur de casting.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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