Fin de mandat de Condé : l’Armée à la rescousse ?


Les discours tenus par les leaders politiques sont loin de pacifier le climat sociopolitique du pays. L’impasse liée à la fin du mandat constitutionnel en est pour beaucoup, en plus des velléités de prorogation. Le bal des discours chaotiques a été ouvert par Alpha Condé lui-même, le 24 mars dernier au siège de son parti, le RPG.

« Si les gens sont prêts pour le débat politique soyez prêts et s’ils sont prêts pour l’affrontement, soyez prêts aussi. C’est cela la réalité. Quand tu denses avec un aveugle, il faut le piétiner qu’il sache qu’il n’est seul sur la piste. Le gouvernement va assurer l’ordre », lâche-t-il avant d’évoquer la présence de l’Armée dans le jeu politique : « Ils ont pensé (certainement les politiciens et autres acteurs de la société civile) qu’ils peuvent compter sur certains militaires pour faire un coup d’Etat. (…) l’armée est une armée républicaine qui est derrière le pouvoir. »

Plus récemment, ce fut le tour de Dalein Diallo d’interpeller les militaires : « Il ne faut pas qu’ils fassent preuve de naïveté en suivant aveuglement Alpha Condé qui a envie de réprimer tous ceux qui se dressent dans sa phase de velléité pour s’octroyer une présidence à vie. Nous leur lançons un appel pour qu’ils adoptent une attitude républicaine, respectueuse des droits de leurs compatriotes qui ont le droit de manifester, de s’opposer avec nous contre le coup d’Etat constitutionnel qu’Alpha Condé veut perpétrer en Guinée.Il y a des patriotes qui ne manqueront pas d’apporter leur soutien au peuple de Guinée. »

Quoiqu’il en soit, Sydia Touré quant à lui appelle à la mobilisation pour « empêcher quelque changement constitutionnel que ce soit dans notre pays et quelque glissement que ce soit. Tous les Guinéens doivent pouvoir se mobiliser à partir de maintenant. Nous disons aux uns et autres ‘’Préparez-vous au combat’’. » Reste à savoir si l’Armée subtilement sollicitée est prête à jouer le rôle qui est le sien : gardienne de la Constitution. Reste aussi à savoir si les Guinéens déjà témoins du passage d’une junte, d’il y a dix ans environ sont prêts à revivre un autre scénario : une transition. Que d’impasses et d’interrogations.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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