Ibrahima Keira ou la rançon du zèle et de l’amateurisme


« Nous sommes surtout choqués par la nomination de Keïra. Keïra, c’est quand-même une famille qui a porté la mal gouvernance, surtout l’atrocité dans ce pays, le père était un tortionnaire du camp Boiro, c’était un thuriféraire d’Ahmed Sékou Touré et nous savons les dégâts qu’il a commis dans ce pays. Nous avons vu son fils aussi agir sous Conté. En 2006, si le pays a été enflammé, c’est par le fait de ce Keïra-là. C’est quelque chose qu’il a appris dans sa maison et ce sont les germes qui sont restés. Ce qui est difficile à admettre, c’est justement ça », ainsi s’indignait le Dr Maréga de l’UFDG, à l’arrivée d’Ibrahima Keira.

Ce fut un retour en grâce pour cet ancien haut dignitaire du régime de feu général Lansana Conté. Alpha Ibrahima Keira,  jusqu’ici ministre conseiller à la présidence de la République, anciennement ministre secrétaire général à la présidence de la république, a été nommé samedi 26 mai 2018, nouveau ministre de la sécurité et de la protection civile. Il remplaçait ainsi à ce poste Me Abdoul Kabélé Camara.Partisan d’une nouvelle Constitution, Alpha Ibrahima Keira a affiché sa hargne et son zèle, mais surtout son amateurisme durant tout son passage à la tête du département.

Récemment, avec la menace du FNDC, Keira, à l’image d’un éléphant dans un magasin de porcelaines, va dans tous les sens et casse tout, même la subtilité, pour adoucir les mœurs : « Personne ne peut nous intimider dans ce pays. On ne peut pas nous priver de notre liberté. L’Etat est là pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Sachez que toutes les libertés seront respectées, la démocratie sera respectée et tous ceux qui veulent troubler l’ordre public trouveront les institutions de la République sur son chemin. » Il prenait ainsi le FNDC comme une structure qui trouble l’ordre public.

Une vive levée de boucliers a suivi cette sortie hasardeuse faite d’incohérences. Pire, la phrase maladroite a été lâché par le zélé : « L’ordre public sera maintenu vaille que vaille coûte que coûte. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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