Kankan : Clôture de l’atelier de formation sur les violences basées sur le genre !


Les rideaux sont tombés ce mercredi 15 mai 2019, dans la commune urbaine de Kankan, sur l’atelier régional de formation en protection juridique et judiciaire contre les violences basées sur le genre. Organisé par l’ONG, MDT entendons par là, « LES MEMES DROITS POUR TOUS », elle a réuni 3 jours durant, dans la salle de conférence de l’organisation AGIL, plusieurs acteurs impliqués dans la lutte contre les violences basée sur le genre, dans la région de la Haute-Guinée.

Ils étaient au total, une quarantaine de participants, magistrats, agents communautaires, médecins, gendarmes et policiers, venus des régions administratives de N’Nzérékoré, Faranah et Kankan, à  prendre part  à cet atelier de formation.

Après trois jours d’intenses concertations dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale sur les VBG, violence basée sur le genre, Adrien Tossa Montcho, coordinateur national de l’ONG MDT (Mêmes droits pour Tous), et facilitateur des différentes interventions, a dressé  un bilan à double satisfaction.

« Le bilan est globalement positif. Au prime abord, durant trois jours d’affilé des dizaines d’acteurs de la chaîne pénale, ont été réunis, pour parler des questions relatives aux violences basées sur le genre à travers notamment la prise en charge juridique, judiciaire et médico-légale des victimes. Le deuxième bilan tout aussi satisfaisant, c’est la richesse des thèmes débattus durant ces trois jours. La notion de violence basée sur le genre a été explicitée à l’intention des participants, qui ont été sensibilisés à agir pour que les violences basées sur le genre, puissent régresser». A-t-il relaté.     

Après cette session de formation, les participants, ont été largement informés et enfin de compte, ils se sont engagés à aider les victimes de VBG (Violences basées sur le genre), dans leurs juridictions respectives. 

«On ne peut s’engager dans une lutte que quand on en est informée et qu’on est prédisposé pour agir. A cet effet, on est satisfait de l’attestation de foi, signe de l’engagement que les parties prenantes ont pris, pour qu’une fois de retour dans leurs lieux de travail respectifs, se mettre du côté des victimes des violences basées sur le genre et non des auteurs. Qu’on ne fasse plus de médiation, qu’on ne cache plus les cas de viol, de mariage précoce, de violences conjugales etc. au détriment des lois de la république ». A-t-il recommandé.

Sur la quarantaine de participants, très peu de femmes ont répondu présentes. Une situation qu’a dénoncée le coordinateur avant de proposer plus de sensibilisation auprès de la couche féminine au sein des communautés.

« Vous avez constaté avec nous que sur la quarantaine de participants, il n’y a eu que 5 femmes. C’est largement en deçà de ce que nous espérions. Et c’est ce qui fait que les VBG progressent. Il faudrait donc que la lutte ne se résume pas à ces ateliers de formation, mais à la sensibilisation et à l’information des couches féminines dans nos communautés, afin qu’elles-mêmes puissent s’approprier la nécessité de combattre les VBG ». A-t-il mentionné.

Au sortir de cet atelier, les participants à l’image d’Yssouf Fofana, magistrat, substitut du procureur près le tribunal de première instance de Faranah, ont exprimé toute leur détermination à œuvrer d’avantage pour lutter contre les VBG.

« Nous sortons de ces trois jours de formation ragaillardis et renforcés non seulement en outil, pour mener à bien notre travail, mais aussi et surtout en volonté de lutter contre les violences basées sur le genre. C’est vrai le phénomène existe chez nous. Il est renforcé par des pratiques culturelles, coutumières souvent même par la religion et même par l’esprit de supériorité de l’homme vis-à-vis de la femme. Si on était déjà outillé et armés pour lutter contres ces violences, la motivation est encore plus grande. Les cas de mutilations génitales et de violences conjugales ne seront plus laissés pour compte. Les médiations inopportunes des chefs religieux et des sages, ne vont plus tomber dans de bonnes oreilles et si ça continuent, on va même les poursuivre pour outrage à la justice ». A-t-il garanti.

Il faut ajouter que les participants  de cet atelier ont  aussi bénéficié  pendant les trois jours de  formation de l’expertise d’imminentes personnalités juridiques de la place en occurrence, le procureur général de la cour d’appel et le procureur de la république près le tribunal de première instance de Kankan.

CHEICK-SEKOU BERTHE, CORRESPONDANT www.kababachir.com à Kankan.

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