Kankan : Un individu noyé après une intervention de la police en bordure du fleuve !

Kankan : Un individu noyé après une intervention de la police en bordure du fleuve !

Le corps sans vie, d’un jeune homme, repêché des eaux du fleuve Milo en proximité de la grande gare routière,  a été promené à travers des ruelles de la commune urbaine de Kankan, ce jeudi 06 juin 2019. Il s’agit de la dépouille d’un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années. Selon les différents témoignages recueillis sur les lieux, il  s’est noyé, alors qu’il tentait  d’échapper aux agents des services de sécurité notamment la police qui aurait lancé une intervention durant la  matinée aux alentours de ce fleuve.

Aux alentours  du fleuve Milo, juste à quelques pas de la grande Gare routière de Kankan, dénommée Bada,  on entendait des cries de colère. Les jeunes habitués du coin, avait sous la main le cadavre d’un jeune homme pas tellement connu. Un étranger, chauffeur de profession, qui serait venu de Conakry.

Sa présence au fleuve aurait coïncidé avec une descente mouvementé des  policiers qui viennent souvent traquer à cet endroit des présumés trafiquants de stupéfiants. Paniqué, il se serait jeté dans l’eau. Travailleur  à la gare routière de Bada tout prés du fleuve, Mohamed Camara relate les faits.

«  Celui qui est mort est un chauffeur. Il était venu faire la lessive, il n’était pas d’ ici, il est venu de Conakry. Nous étions  entrain de prendre du café, quand on nous a informé de l’arrivé de deux pick-up. L’un s’est dirigé sur le pont. Je me suis accroché au mur  pour voir de près le déroulement des faits. Deux jeunes  dont la victime, ont pris la fuite par la voie des eaux. L’un a traversé et l’autre a péri ».

Poursuivant  il assure qu’il s’agissait bien des agents policiers, et selon lui, ces derniers, ne sont pas à leur première intervention.

« Ce sont des policiers. Ce sont bel et bien de policiers.  Ils interviennent le plus souvent ici avec leur pick-up pour des histoires de trafic de  stupéfiant ».

C’est aux environs de 12 heures que son corps  a été repêché du fleuve par le jeune Mohamed Diakité.

« Je suis venu trouver les gens en bordure du fleuve ; ils disaient que quelqu’un est décédé et qu’il s’était noyé. C’est comme ça que je suis descendu dans les profondeurs, je l’ai recherché et repêché, il était déjà mort. Personne ne l’a reconnu ».

Révoltés, une centaine de jeunes se sont transportés à la préfecture de Kankan. Après leur concertation avec le préfet Aziz Diop,  Sékou Touré, porte-parole du groupe s’est montré rassuré.

« Le fleuve est un lieu public. Ici il y a des gens qui viennent se baigner, faire la lessive d’autres viennent réviser et chanter. Quand ils arrivent, ils ne trient pas. Ils attrapent tout le monde. Même si tu ne fume pas de cigarette, ils vont te rendre responsable des stupéfiants qu’ils ramassent. Tes parents iront payer des millions pour ta caution. Le préfet nous a promis qu’il fera un rapport pour mettre aux arrêts ceux  qui a envoyé le pickup. Et partir d’aujourd’hui, aucun pickup ne viendra nous embêter et qu’il nous confie la surveillance du fleuve. Si nous suspectons des malfaiteurs, nous les feront appel ». 

Par la suite, ces jeunes ont mis le corps repêché  dans un cercueil pour sillonner la ville. Arrivé à leur destination,  ils l’ont abandonné devant le bâtiment de la police nationale sise au quartier Missira.

Cette action, s’est terminée par des échauffourées entre eux et les agents policiers qui étaient en poste. Ripostant aux jets de pierre, ces agents ont fait usage de plusieurs tirs de sommation et de gaz lacrymogène.

Contacter, les autorités policières de la place ont nié leur responsabilité dans cette affaire. Jusqu’au moment où nous quittions les lieux, aux environs de 15 heures, le corps était toujours abandonné au bord de la route.

CHEICK-SEKOU BERTHE, CORRESPONDANT www.kababachir.com à Kankan. 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.