Kassory invité à consulter, mais Alpha a déjà son plan B


Kassory Fofana est appelé à déblayer le chemin qui mène au référendum tant voulu et souhaité par Alpha Condé, afin de s’octroyer une présidence à vie. 

Ce n’est donc ni plus, ni moins, une première étape que celle d’aller « initier des consultations avec les institutions de la République, les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile pour recueillir les avis des uns et des autres dans un échange ouvert sur les différentes questions pour que le débat porte sur les arguments et les recommandations. Tout sujet peut être discuté dans une démocratie. »

Ceux qui ont bien disséqué le discours du président, pour le moins un peu plus clair ont compris qu’après cette étape devant être menée par Don Kass dont le geste en faveur de l’extinction des libertés publiques et individuelles est loin de rassurer, Alpha Condé mettre le pied dans le plat. Et déjà, il a un plan B au cas où les concernés – partis politiques, notamment ceux de l’opposition qui y voient une présidence à vie en filigrane – ne seraient pas réceptifs.

Il s’agit en effet, d’organiser vite les législatives, tripatouiller savamment ou d’une façon flagrante le scrutin, afin de s’octroyer la majorité au Parlement et puis, tenez-vous bien, le projet passera comme lettre à la poste. Et le tour est joué. Alpha Condé aura tout mis dans la forme. Il ne lui restera plus qu’à aller au référendum. Soit pour se représenter, soit pour faire voir ouvertement son dauphin. Quitte à désintégrer enfin le RPG, parti au pouvoir.

Quoi qu’il en soit, Alpha Condé « invite tous les acteurs impliqués dans l’organisation des élections législatives à redoubler d’effort et d’ardeur dans le travail, à se mobiliser tous pour que ces élections se tiennent dans le courant de cette année. » Or, il y a bien des démarches en amont qui devraient être étudiées et corrigées, au niveau de la CENI. Et Alpha Condé le sait pertinemment mais, « engage le Premier Ministre et le Gouvernement à soutenir et accompagner la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) et les acteurs électoraux afin de créer les meilleures conditions de préparation et d’organisation des scrutins attendus dans notre pays. »

C’est cela le plan B. Ceux qui croient encore, par mégarde ou ignorance que ce discours d’Alpha Condé n’est qu’une phraséologie mal ficelée, risquent de constater les dégâts. L’opposant historique s’est déjà engagé. Il n’en fait plus mystère de sa démarche. Voilà qui est clair. C’est comme si Alpha a jeté la patate chaude dans le camp de l’opposition dont les choix hasardeux pourraient être fatals : aller vite aux législatives et perdre, s’occuper de la CENI et accepter le glissement du calendrier, accepter les consultations made in Don Kass et signer la fin de la lutte, etc. Trop d’options en somme, mais, l’unique qui vaille devrait interpeler la subtilité de chacun.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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