Kiridi Bangoura : l’ange déchu ?


Il est sortie de la bonne école et auteurs de plusieurs livres – La Source d’ébène, roman, L’Harmattan, 1993, Il était une fois l’Alphabète, inspiré de L’Alphabête de Williams Sassine, théâtre, BFG Conakry, 1993, Une Cabine pour deux, écrit avec Michelle Allen, Le bruit des autres, 1994, Le Baptême des chiots, roman, L’Harmattan, Les Sédiments d’Hiver, roman, 1993 – Kiri Bangoura, ce diplômé en sociologie, n’a à priori, rien à dévier pour se faire accepter par Alpha Condé. Il n’a besoin d’aucun artifice. Lui qui, lors des dernières communales, en 2005, en sa qualité de ministre de l’Administration du territoire et fait le choix, contre les durs du régime Conté, de laisser le RPG d’Alpha Condé s’emparer de la mairie de Kankan.

Alpha Condé ne l’a pas oublié, malgré son statut d’amnésique. C’est pourquoi, en 2010, il est recruté par le candidat du RPG, qui voit tout de suite l’intérêt d’intégrer dans son équipe de campagne un si fin tacticien et un tel connaisseur de la carte électorale du pays. Brillant orateur, Kiridi Bangoura est l’une des voix de la présidence, comme le caricature la presse panafricaine.

Précédé donc de tous ses atouts mis d’ailleurs au service d’Alpha Condé, Kiridi devrait demeurer lui-même : un homme de conviction et de cœur. Mais, récemment, au cours d’une de ses sortie, suite à la publication du livre ‘’Une certaine idée de la Guinée’’, il déclare, pas sans une overdose de démagogie: «Alpha Condé a épousé tout le parcours de notre pays, mais chaque matin, il se projette toujours vers l’avenir du pays. Il a connu toutes les générations au point que parfois quand il parle, nous tremblons, parce que quand tu as connu ton grand père presque mourant, lui il l’a connu bien portant. Si tu penses que ton oncle était extraordinaire à l’école, il te dit que c’était un imbécile qui venait en retard à l’école du centre. Il connait toutes les familles et toutes régions du pays ».

Ce bout de phrase en gras dont on ne veut pas extraire du contexte en dit quand long sur la flagornerie jusque-là contenue de Kiridi Bangoura.  Jusque-là en effet, il a crevé l’œil au diable. Il avançait malgré les envieux.Aujourd’hui, il mouche la chandelle comme le diable moucha sa mère. Il devient de fait : un ange déchu!

Auparavant, il s’était fait avoir par l’UFR : « Kiridi doit faire attention parce que nous connaissons son CV. On va dire comment Kiridi a abandonné ses études pour venir en Guinée. Ce mythomane se permet d’oublier même qu’il était à l’administration quand il empêchait ces leaders-là (Sydia et Cie) de battre campagne contre le référendum sous Lansana Conté.  Il faut être mécréant, il faut être immoral, une personne sans valeur, sans culture pour agir de la sorte. Qu’il sache qu’il y a les traces, on peut consulter l’histoire. »

A y voir de près, dans cette sortie de Kiridi, on se rend compte que l’UFR ne s’était pas trompé. Selon cette formation politique, les sirènes révisionnistes « sont prêts à tout, ils sont prêts à sacrifier leurs dignités, prêts à sacrifier leurs pays, sacrifier les fils de ce pays pour assouvir leurs besoins personnels. Kiridi doit se rappeler comment il est devenu chef de cabinet. Kiridi rappelle-toi chez madame Ayé, la femme de M. Gomez du patrimoine bâti publique, tu étais là pour cirer les bottes pour que cette dernière te présente à la femme du président Lansana Conté», ajoute le nouveau secrétaire exécutif de l’UFR. Avant d’interpeler Kiridi Bangoura sur le slogan trouvé sous Conté : ‘’Ton pied, mon pied’’. L’ange déchu doit donc revoir sa copie.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.