L’autocrate et le culte de la personnalité


Nikita Khrouchtchev, Joseph Staline, Bokassa, Kadhafi, etc., Alpha Condé ne veut incarner la personnalité d’aucun de ces anciens dirigeants et ‘’Guides’’. Certes mégalomane et manifestement despote, Alpha Condé est en phase, tout de même à instaurer un véritable culte de la personnalité. Sans jamais peut-être s’en rendre compte.

Pourtant, « Je suis contre le culte de la personnalité. Je suis vivant, je ne vois ce que j’ai fait de spécial pour que l’école porte mon nom alors qu’il y a d’illustres personnes en Guinée. Donc, nous allons donner le nom de cette école à quelqu’un d’autre. Il s’agit d’un grand intellectuel qui a beaucoup apporté à la Guinée », a notamment lâché Alpha Condé, le samedi dernier à Conakry, à l’occasion de l’inauguration d’une école. A priori, cette décision d’Alpha Condé douche sérieusement l’élan des faiseurs de rois.

Seulement, sur les réseaux sociaux certains se dressent contre cet état de fait : « Alpha a simplement un égo surdimensionné; il ne peut pas accepter que son nom soit donné à un collège ou à un lycée ; ce soi-disant professeur d’université aurait souhaité plutôt que ce soit une université qui porte son nom, à l’image des universités francophones d’Afrique de l’ouest portent les noms d’éminents professeurs, tels que Cheikh Anta Diop (Sénégal), Joseph Ki Zerbo (Burkina), Jean Lorougnon Guédé (Côte d’Ivoire). »

De toute évidence, depuis 2010, la verticalité du pouvoir a fait du président Condé un monarque au pouvoir illimité. C’est lui décide de toutes les orientations politiques, économiques, sociales et culturelles et fixe les règles du jeu politique. Il rêve de réformer la Constitution qui limitait à deux le mandat du président Le Président n’est pas au service de la Guinée, c’est la Guinée qui est à son service.

Il a fait du gouvernement l’annexe de la présidence, du Parlement, des chambres d’enregistrement, il nomme ses fidèles à tous les rouages de l’Etat. Il a fait taire l’opposition, la société civile, les syndicats, les militants des droits de l’homme. Il promeut la corruption à grande échelle et l’impunité ainsi que les détournements. Plus personne n’ose manifester dans les rues. Il a fait asseoir des bases militaires dans tous les carrefours de la capitale. La presse est inquiétée. Les promoteurs du 3è mandats manifestent et sont protégés. Les promoteurs de la division et du tribalisme sont sortis de prison.

Le président est l’Alfa et l’oméga de toutes ces crises. Et c’est lui qui dit qu’il n’aime pas le culte de la personnalité.  De qui se moque-t-il ? De l’intelligence des Guinéens, peut-être.

Jeanne Fofana, www.kababacir.com

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