Un an de « Conakry ville propre » : la mamaya a mangé l’acte citoyen


En début juillet 2018, alors fraichement au poste, Kassory Fofana avait procédé au lancement dit officiel de la première journée de la participation citoyenne aux travaux d’assainissement «Conakry ville propre ». L’acte citoyen, à priori aura tourné court : la mamaya et la démagogie ont fini par manger la trouvaille.

A peine initié, «Conakry ville propre » meurt en cédant le pas à des prises d’images de ministres et de hauts perchés de l’Etat, comme monter que ‘’Je suis là aussi, SEM le Premier ministre’’. Comme un effet de contagion, tout ce que l’Etat compte de ministres, s’agglutinent à travers la capitale avec une pelle, une brouette ou un balai. Le temps des photos et d’une intervention brève à la TV ou à la radio nationale. Et puis, le tour est joué. Rendez-vous au dernier samedi de chaque mois. Voilà ce qu’a ressemblé et durant toute l’année, «Conakry ville propre ». Le gouvernement s’y accommode comme au premier jour. En le faisant, on bloque usagers de la route, citoyens Lamda pour jouir de la mamaya collective.

Un an après, Conakry affiche le même décor hideux, ubuesque, nauséeux. Les allées de l’autoroute de bord en bord sont pavées d’ordures fumantes à bien des endroits.  Sur Le Prince, même spectacle. L’axe de Lambanyi, le même visage. C’est à se demander vraiment à quoi servent les journées d’assainissement. Pas à grand-chose, reconnait Kassory Fofana lui-même, après s’être attiré les foudres de l’opposition, notamment de Sydia et de Dalein Diallo.

La démarche choisie par le gouvernement est donc restée non payante. Que du gâchis et d’enrichissement illicite. Certes, des caniveaux sont curés mais, le même soir, toutes les immondices retombent dans les mêmes talus, comme au premier jour. Pourtant, au lancement en 2018,  l’opération d’assainissement initié visait à débarrasser la capitale guinéenne des immondices qui jonchent les rues de Conakry.

Un échec patent qui trouve son origine dans l’amateurisme du gouvernement. Rien de plus ! Conséquences : des Guinéens meurent sous l’effet des ordures. Et aucune mesure viable n’est envisagée avant les grandes pluies, malgré déjà des morts d’hommes.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.