13 ans après Siradiou Diallo : chronique d’un héritage mal assuré !

L’héritage laissé par l’illustre Siradiou Diallo est mal assuré. Le parti, alors 2è formation politique après le PUP a bien pris des rides. Par la faute de son leader ou de ce qui y ressemble. Un leader qui a pour nom Bah Ousmane, ancien ministre des TP et actuel conseiller à la Présidence auprès d’Alpha Condé, après avoir liquidé l’UPR.

Un ancien membre de cette formation politique tombe des nues et dénonce ce qu’il appelle « la compromission des dictatures ». Bah Ousmane est ainsi dépeint comme celui-là même qui « a soutenu et servi des années durant la mal gouvernance et la dictature pure et dure. » Il encourage selon cet ex-responsable de l’UPR, « le repli communautariste pour en tirer un capital politique, musèle la parole au sein de son parti en écartant toutes les voix discordantes. » Et enfin, Bah Ousmane « encourage la dictature à se constituer et gère aussi son parti comme un roi incontesté et incontestable. » Cette description fait donc de l’actuel président de l’UPR, le mauvais héritier, 13 ans après Siradiou Diallo, lequel « n’a jamais accepté la compromission avec les dictatures. (…) Il incarnait à la fois le rassemblement et la coexistence pacifique entre les Guinéens au-delà de leurs différences. »

Bah Ousmane a euthanasié l’UPR, alors grand parti d’opposition. Il a vendu son âme à Alpha Condé. Celui-ci en a fait ce qu’il aura voulu. En contrepartie : un poste ministériel juteux, puis, débarqué pour le garage (Présidence de la République comme conseiller). L’alliance nouée avec le parti au pouvoir n’aura quand même pas fait que des heureux.

Selon le coordinateur UPR en Europe, Dr Cellou Diallo, la base n’a pas été consultée, lorsqu’il s’est agi d’aller au RPG. « Nous n’avions pas été consultés. Ce que les militants à la base reprochent à la direction du parti. Beaucoup de militants ont quitté le parti à cause du comportement de la direction », rapportait La Lance, hebdomadaire guinéen.

Mais auparavant, il y a bien lieu de rappeler que Bah Ousmane est à l’étroit dans son choix : « On a battu campagne, il y a eu des élections et on a eu ce que vous savez. C’est vrai qu’après la lutte, puisque certains ont dit ici que la politique c’est l’intérêt, nous nous attendions à une certaine récompense. Mais comme cela n’a pas été fait, je vous appelle au calme, ne soyez pas frustrés. » C’est un confrère qui rapporte cette déclaration du frustré et désillusionné de Bah Ousmane, président de l’UPR ou de ce qui en reste. L’homme s’attendait à la tête de la Primature. Tel ne fut pas le cas. Il s’attendait à revenir aux affaires, dans le gouvernement. Ceci n’aura pas été possible non plus. Il reste confiné à la Présidence de la République où même voir Alpha Condé lui parait comme un chemin de traverses.

Il ne semble pas plier, car, « Nous avons décidé d’accompagner le président, on ne peut pas dire quelque chose aujourd’hui et faire le contraire demain. » Il s’accroche donc, à son corps défendant. Ce personnage qui a troqué le statut de l’UPR contre un poste ministériel amuse vraiment Fodé Oussou Fofana. Cette personnalité de l’UFDG l’égratigne à tout va. Et en toute complaisance. Petit extrait : « Nous avons vu des gens qui ont dit à Alpha Condé qu’ils sont capables d’empêcher l’UFDG de gagner à Mamou et dans le Foutah. M. Alpha Condé a dépensé des milliards, nous les avons battus. Nous avons gagné à Hafia dans le village de quelqu’un. Nous avons gagné à Gongore. Le doyen Siradiou a fait de l’UPR, l’un des plus grands partis de la Guinée. Il l’a laissé à quelqu’un, il en a fait le plus petit parti de la Guinée et il a mis le drapeau sur lui pour danser avec M. Alpha Condé. »

Siradiou doit bien se retourner dans sa tombe !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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