3è mandat de Condé : Washington, ferme et se prononce

Le 3è mandat d’Alpha Condé s’invite au 18e forum de l’AGOA (African Growth and Opportunities Act), qui s’est achevé le mardi 7 août 2019 en Côte d’Ivoire. Une occasion pour le secrétaire d’État américain adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy de donner sur la RFI, la position, pour le moins ferme de Washington.

Extrait : « D’abord, les États-Unis reconnaissent la souveraineté de chaque État, et les États peuvent changer de Constitution à leur guise. Mais nous avons un problème s’il apparait évident que le président en exercice se serve de cela uniquement pour se maintenir au pouvoir. D’autres pays ont changé leur Constitution pour en modifier certains aspects, dont le nombre ou la durée des mandats, mais tout en respectant les principes démocratiques. Á savoir, un débat sur la pertinence d’une nouvelle loi fondamentale et son adoption soumise à référendum par la population. »

Cette position tranchée intervient à moins de dix jours après l’audience accordée, au Département d’Etat, au chef de file de l’opposition. Sur sa page Facebook Dalein Diallo se réjouissait: « Merci à Tibor Nagy, sous-secrétaire du bureau des affaires africaines, pour l’accueil chaleureux du Département d’Etat américain et à l’attention portée à ma délégation ainsi qu’à ses préoccupations. J’ai noté avec intérêt l’attachement des USA à la promotion de la démocratie et de l’État de droit en Guinée et en Afrique. » De toute évidence, rapporte l’UFDG, à toutes ces rencontres, le leader de l’UFDG a donné de larges informations sur la situation économique et politique qui prévaut actuellement en Guinée. Il a notamment mis en évidence le recul de la démocratie et de l’État de droit et a fait état de la violation récurrente des droits humains par le pouvoir d’Alpha Condé. Il a dénoncé la corruption et la politique minière qui s’est avérée désastreuse pour l’environnement et pour l’emploi.

Selon le parti, Dalein Diallo n’a pas manqué d’attirer l’attention de tous ses interlocuteurs sur l’obstination d’Alpha Condé de s’octroyer une présidence à vie en changeant la Constitution et surtout sur les risques que ce projet comporte pour la paix et la stabilité de la Guinée et de la sous-région. A tous ceux qui crient à Conakry que la modification constitutionnelle ne se dicte pas par la France, les USA, etc., ont eu pour leur réponse…à l’américaine : souverain, oui, mais pas d’instauration d’une présidence à vie.

Voilà qui est clair.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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