3è mandat en Afrique : Mahamadou Issoufou n’est pas Condé !

« Le Niger est un Etat de droit, et moi je suis un démocrate convaincu. La preuve d’ailleurs : en 2021 je m’en vais, c’est mon dernier mandat ! Je ne vais pas triturer la Constitution. »  Si Alassane Ouattara tranche et se dédit pour des raisons que lui-même connait afin d’empêcher la guerre des tranchées liées à sa succession, Mahamadou Issoufou, le président du Niger quant à lui se démarque carrément par rapport à des velléités de modification de la Constitution. Mahamadou Issoufou n’est pas Alpha Condé.

Pour le président guinéen, son 3è mandat dépend de sa fameuse « majorité silencieuse ». Et plus cette question se pose, plus l’opposant historique devenu président s’agace et reste allergique. Cette confusion fait sourire les grandes puissances démocratiques y compris la France. Elles préfèrent donc fermer leur porte-monnaie et se limiter au juste minimum. En tout cas entre Niamey et Paris, Abidjan-Paris, Dakar-Paris, le courant passe bien. Les uns et les autres se tirent avec des grands financements de projets. Lors de son dernier séjour élyséen, Issoufou a eu droit au compliment d’Emmanuel Macron: « J’ai un dialogue étroit et de confiance avec le président Issoufou. Il est démocratiquement élu, il y a une Constitution, il y a un pouvoir judiciaire encadré par la loi. Et je sais son engagement pour les droits fondamentaux, comme de l’esprit de responsabilité qui est le sien depuis que je le connais sur les sujets d’alternance démocratique», a notamment déclaré le président français sur RFI.

De quoi donner des ailes à son hôte. Celui-là même qui a fait poursuivre des sirènes révisionnistes de la constitution. Issoufou n’est pas Condé.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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