3EME mandat : Ce sera sans l’UFR

 
Alpha Condé avait seulement conscience du tollé que soulèverait son fameux « le peuple décidera » ? Certainement. Autrement, il n’en aurait pas parlé. Car aujourd’hui, il est plutôt difficile de trouver quelqu’un qui soit disposé à l’accompagner dans cette aventure des plus périlleuses. Les plus conciliants avec lui, certainement gênés par la question, préfèrent regarder ailleurs. Toutefois, il y en a qui, révoltés par l’hypothèse exprimée par Alpha Condé, n’hésitent pas à transgresser certaines convenances pour exprimer leur désaccord. Il en est ainsi de l’Union des forces républicaines (UFR), alliée de circonstance du président Alpha Condé, dont un des responsables, Saïkou Yaya Barry, a dit ce samedi sa désapprobation ainsi que celle du parti.
L’entente entre l’UFR et le RPG pourrait donc prendre fin plus tôt que prévu. En tout cas, si le chef de l’Etat s’obstine dans sa volonté de s’octroyer un nouveau mandat, il devra se passer du soutien du parti de Sidya Touré. D’une certaine façon, Baïdy Aribot l’avait déjà signifié. Mais ce samedi, en marge de l’Assemblée générale hebdomadaire du parti, le député Saïkou Yaya Barry l’a plus éloquemment réaffirmé.
Interrogé par les journalistes à la fin de la réunion hebdomadaire, il a le plus clair possible : « On nous a dit que la constitution est verrouillée sur cette question (…) Acceptons que notre constitution soit notre Bible ou notre Coran (…) Et je suis contre toute modification constitutionnelle ». Et pour ceux tendraient à trouver cette position contradictoire avec les dernières prises de position du parti, il assène : « L’UFR a décidé d’aider l’Etat ».
De toute évidence, à moins qu’Alpha Condé ne se ravise, il est ici question des premières fissures dans la maison commune que l’UFR et le chef de l’Etat occupent depuis les dernières élections présidentielles.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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