Haute autorité de la communication (HAC) : Les lignes commencent à bouger

Il est sans doute encore trop tôt pour se laisser aller à une quelconque conclusion hâtive. Mais on ne peut par contre s’empêcher de constater que les choses évoluent dans la crise qui mine la Haute autorité de la communication (HAC). Les commissaires frondeurs que nous avons eu persistent à dire que la crise demeure et que l’exigence du départ de Martine Condé est plus que d’actualité. N’empêche qu’en attendant, quelques-uns ont tout de même accepté de prendre les frais de carburant via des chèques signés par celle qui, en principe, n’est plus présidente de l’institution. Une contradiction qui s’expliquerait par les difficultés du moment dont certains commissaires ne seraient exempts.
Sans langue de bois, des commissaires nous ont bel et bien confirmé avoir touché les frais de carburant que la présidente Martine Condé a bien voulu leur verser pour la première fois, depuis 13 mois, nous dit-on. Et selon notre interlocuteur, il n’y aurait ni gêne, ni contradiction dans le fait d’encaisser les 10 millions de FG. Pour cela, les commissaires qui y ont touché ont une lecture fine des choses. L’argent en question ne serait pas celui de Martine Condé et ne serait ainsi pas une forme de privilège à eux accordé par celle qu’ils ont destituée. « C’est un droit qui nous est reconnu » soutient un d’entre eux. Et quand on évoque l’idée que celle qui a signé les chèques n’est en principe plus présidente de l’institution, un dernier a l’honnêteté de reconnaître que « ce sont les difficultés du moment qui nous obligent à ça ».
Pour le reste, tous les commissaires frondeurs s’accordent sur le fait que la crise n’est pas encore résolue et que la décision de la Cour constitutionnelle est attendue avec impatience. Visiblement agacée et se rendant compte de l’effet de cette guéguerre sur son image, Martine Condé serait dans une démarche de fléchissement de sa position. Mais un troisième commissaire coupe court : « c’est trop tard ». Selon lui, le point de non-retour est déjà franchi. Aucune conciliation ne serait plus possible. En attendant de savoir ce qu’en dirait la Cour constitutionnelle, elle-même engluée dans ses propres turpitudes.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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