Hommage aux anciens du HAFIA : Une cérémonie en catimini

Le ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique, Siaka Barry, tirant les leçons d’un certain nombre de critiques au sujet du désintérêt dont sont victimes les anciennes gloires du football et de la culture en Guinée, a posé ce mercredi un geste d’une grande portée symbolique.
Mettant à profit les derniers travaux de rénovation du stade du 28 septembre, il avait gravé les noms de certains de ces anciens joueurs du Syli et du Hafia sur les gradins du stade. Et ce mercredi, lors d’une cérémonie à laquelle un échantillon des animateurs des périodes fastes du guinéen a pris part, le ministre leur a témoigné toute la reconnaissance de la nation. Sur place, l’émotion et le sentiment de reconnaissance étaient très forts. Cependant, la cérémonie semble n’avoir pas été une réussite totale.
Si la démarche en tant que telle est des plus nobles, elle souffre du fait d’avoir été plutôt menée en catimini. Et en cela, elle ressemble un peu à un des épisodes du Dadishow dont le président putschiste avait profité pour implorer le pardon et la réconciliation à d’anciennes victimes du régime de Sékou Touré. Il était tout à fait sincère, mais il n’avait pas réussi mandat de la nation et de ce fait, son geste passait pour marginal. Et c’est le même sentiment que l’on peut éprouver au sujet de l’acte posé ce mercredi par Siaka Barry. Le ministre peut bien être de bonne foi en voulant ainsi corriger une injustice dont tout le peuple via ses dirigeants successifs, s’est rendu coupable à l’égard de ceux qui, il y a des années, avaient glorieusement hissé très haut les couleurs nationales.
Mais comme jadis avec Dadis, Siaka Barry n’a pas élargi la démarche. Du coup, on s’en souviendra comme un acte personnel et non celui de tout le pays. Il aurait fallu mieux préparer l’événement et davantage communiquer dessus, de manière de remplir le stade et en faisant venir d’autres grandes personnalités du pays, y compris si possible le président de la République.  
Anna Diakité, www.kababachir.com
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