TABLETTES PRÉSIDENTIELLES : Le discours évolue

Les fameuses tablettes que le président Alpha Condé, dans le cadre de la dernière campagne présidentielle, avait promises aux étudiants guinéens, resteront un des plus grands canulars politiques de ce second mandat. Sauf que les étudiants en question n’entendent pas laisser passer la chose. Ainsi, au-delà des interrogations et autres commentaires que la question suscite ces derniers temps sur les réseaux sociaux et dans certains médias, le nouveau ministre en charge de l’enseignement supérieur a directement été interpellé à ce sujet hier à Kindia. A la fois gêné et agacé, Abdoulaye Yéro Baldé n’a pas eu le choix. Pour une fois, la campagne électorale étant passée, il a tenu le discours de la vérité. A savoir que les tablettes coûtent cher et qu’elles ne seront surtout pas gratuites.

Le ministre était au Centre universitaire de Kindia (CUK) dans le cadre d’une tournée qu’il effectue dans les institutions relevant de son département. Et c’est au nombre des revendications allant dans le sens de l’amélioration de leurs conditions d’études que les étudiants ont évoqué la question en rapport avec les fameuses tablettes.

Mis devant le fait accompli et visiblement conscient de la préoccupation que cette promesse non respectée suscite chez des millions de Guinéens, Abdoulaye Yéro Baldé a préféré y faire face et dire les choses telles qu’elles sont. Au risque de décevoir un auditoire qu’on avait tant fait rêver.  En effet, répondant aux inquiétudes posées par les étudiants sur notamment cette histoire des tablettes, le ministre a déclaré : « L’Etat se bat comme il peut pour vous l’offrir. Mais ça coûte cher. Quand nous avons évalué, nous avons réalisé que le projet coûte 10 millions de dollars. Il y a un sponsor qui devait financer, mais il a eu des difficultés ».

Mais pour ne pas aussi abruptement ruiné les espoirs des étudiants, le ministre a aussitôt poursuivi « la semaine dernière, j’ai contacté le président de l’Association des banques pour voir dans quelle mesure les banques peuvent contribuer à fiancer ces tablettes. Mais je vous rappelle que ce n’est pas gratuit ».

Cette dernière précision ne préfigure-t-elle pas une hausse des prix auxquels les tablettes pourraient être finalement proposées ? Encore qu’il faut attendre qu’elles soient disponibles. Parce qu’au rythme où vont les choses, ce n’est point gagné.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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