Abandon de poste et vacance du pouvoir : vers la sortie de koro ?

Alpha Condé est incessamment entre deux avions. Des séjours prolongés de deux semaines, trois, voire plus. Le pays est laissé pour compte. Entre les mains des loups. On en fait ce qu’on veut. Peut-on parler alors d’abandon de poste ou de vacance du pouvoir ? Une analyse des dispositions de la Constitution nous édifie davantage. Mais déjà, un opposant lève un coin du voile.

« S’il continue à se promener dans les avions, nous allons demander aux députés de déclarer la vacance du pouvoir. Parce que la Guinée ne continuera pas être dirigée par des avions », menace le président du Bloc libéral, Faya Milimono. Alpha Condé est malade, souffrant, mais plus personne ne pipe mot. Pourtant, l’article 40 de la Constitution stipule : « Est considéré comme empêchement définitif, l’incapacité physique ou mentale dûment constatée par un collège de médecins spécialistes rendant le président de la République inapte à exercer les charges de sa fonction. »

La disposition suivante ajoute : « La vacance de la fonction de président de la République consécutive au décès, à la démission, ou à toute autre cause d’empêchement définitif est déclarée par la Cour constitutionnelle. La Cour Constitutionnelle, saisie à cette fin, par le président de l’Assemblée nationale, en cas d’empêchement de celui-ci par l’un des vice-présidents, à défaut par un groupe de députés représentant le quart (1/4) de l’Assemblée nationale, déclare la vacance de pouvoir. »

Seul hic, le petit bonhomme du Parlement rêvera de tout, sauf appliquer à la lettre l’article 42 : «L’intérim est assuré par le président de l’Assemblée nationale ou, en cas d’empêchement de celui-ci, par l’un des vice-présidents de l’Assemblée nationale par ordre de préséance.»

Partant donc du constat Alpha Condé est loin d’être en harmonie avec la Constitution. Il la viole à sa guise et à son aise. Le législatif le laisse faire, les opposants dénoncent et le judiciaire modus bouche cousue. Le peuple, abusé et désabusé. La sortie par la trappe pourrait être périlleuse mais salvatrice.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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