Aboubacar Sylla fait l’autopsie des voyages du président Alpha Condé à l’étranger

Les multiples voyages du président Alpha Condé à l’extérieur du pays ne sont pas du goût de tout le monde. Les adversaires du locataire du Palais Sekhoutouréyah n’apprécient pas que le président de République soit souvent à l’étranger pour, officiellement, prendre part à des conférences internationales, des sommets, ou encore visiter des pays amis pour renforcer les liens de coopération et d’amitié entre les deux capitales, avec à la clé : convaincre les investisseurs étrangers du potentiel économique que la Guinée regorge.

Comme le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, le président du Bloc Libéral (BL), Faya Millimono, le leader de l’Union des forces du changement (UFC), Aboubacar Sylla, trouve « excessives » les missions du président Alpha Condé. «C’est normal que [le chef de l’État] fasse des missions. Mais lorsque celles-ci sont exagérées, évidemment, on est en droit de se poser des questions», a-t-il estimé. «La présidence de la République est une institution qui a à sa disposition d’autres cadres, comme le Premier ministre, les membres du gouvernement, les directeurs. Donc, le président de la République a la possibilité  de déléguer certains (…) mais apparemment il veut être présents à tous les forums, à tous les séminaires, à toutes les rencontres internationales», fait remarquer le porte-parole de l’opposition républicaine.

Pour Aboubacar Sylla, ces multiples déplacements du président Condé impactent évidemment la gouvernance du pays car, juge-t-il, ces missions ont jusqu’à présent eu très peu d’impact sur la situation économique précaire que vivent aujourd’hui les Guinéens. «Est ce qu’il y a de croissance [en Guinée] ? (…) Est ce qu’il y a l’accroissement des emplois dans le pays ? Est-ce que le niveau de vie des Guinéens augmente ? On dit : non !», a-t-il déploré.

Il a proposé de faire la revue de la croissance de l’économie guinéenne depuis l’avènement du régime actuel. «En 2012, le taux de croissance était de deux et quelque pour cent ; en 2013, il était nul ; en 2014, il était quasi-nul ; presque négatif en 2015. C’est exactement pareil» cette année. Par conséquent, selon Aboubacar Sylla, nous sommes dans une situation où on ne voit pas l’utilité de ces multiples voyages à l’étranger. Sauf que ces «missions» coûtent cher au Trésor public.

D’après plusieurs sources, le président Alpha Condé qui est rentré à Conakry mardi soir, après une dizaine de jours passés entre la France, l’Indonésie et le Tchad, pourrait reprendre son avion dans les jours à venir pour se rendre probablement en France où il devrait effectuer un contrôle médical. De quoi agacer un peu plus ses opposants qui menacent désormais de saisir l’Assemblée nationale en vue de déclarer la vacance du pouvoir.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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