Aboubacar Sylla (UFC) : la mue d’un tribun-démagogue

Il a été malmené, chahuté, caillaissé, gazé, etc., mais, il est resté manifestement constant. Mais, c’était mal connaitre Aboubacar Sylla, actuel ministre des Transports et grand tribun devenu aujourd’hui un nauséeux démagogue auprès de celui-là même qui l’a traité de tous les noms, jusque dans sa vie privée. Il s’agit de Damaro Camara.

Sylla a été pris à partie vers le Petit lac à Taouyah, le RPG s’était insurgé contre « une manœuvre qui vise à se faire un nom ». Aboubacar Sylla a payé les affres du despote de Conakry, il a même failli y perdre sa vie. Les policiers et gendarmes l’ont battu, insulté, violenté, etc., il en est témoin car étant sur le champ de combat. Aujourd’hui, cet homme-là est méconnaissable.

Il défend des bandits habillés en tenue et à la solde du régime : « Un policier a été mis aux arrêts tout simplement parce qu’il s’est avéré qu’il a tenu une arme létale dans un périmètre de manifestation. Il n’était pas dans le dispositif de maintien d’ordre. Il appartenait à un PA et il se sentait menacé. Il a tiré des coups de feu en l’air. Il n’y a pas eu de morts, il n’y a pas eu de blessés par balles. Le seul cas que nous avons connu où on a pu identifier un capitaine qui avait tiré sur un jeune après une manifestation, ce cas a fait l’objet d’un traitement judiciaire. C’était le capitaine Kaly, il a été arrêté et condamné à 10 ans de réclusion criminelle [Kaly Diallo condamné le 4 février 2019 pour le meurtre d’un militant en août 2016 en marge d’une manifestation de l’opposition NDLR]. » Pour une apologie du crime organisé, cette sortie de Sylla en est vraiment une.

Ce qui est davantage déconcertante c’est quand cet ancien porte-parole de l’opposition républicaine déclare, après plus de 120 morts sur l’Axe que : « Il n’y a pas de preuves qui permettent d’identifier ceux qui tirent. Il y a trop de perturbations des scènes de crime. Lorsqu’il y a des crimes, il ne faut pas déplacer les corps. Il faut attendre que les officiers de police judiciaire viennent pour commencer l’enquête. Et à partir de là, cela sera peut-être possible d’identifier les coupables et de les traduire devant les tribunaux. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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