Achat de jet privé: Condé s’est-il rétracté ?

Mali, Niger et Conakry, les trois présidents démocratiquement élus – pour ainsi reprendre le terme sacré et consacré – de ces trois pays déjà reçus par Obama, nourrissent tous le rêve de se promener dans des avions privés. Incarnant jusque-là les symboles de la bonne gouvernance et de la lutte contre l’impunité, IBK du Mali, Issoufou du Niger et Condé de Guinée ont vite oublié le sacerdoce : penser d’abord au peuple qui les ont portés à la Présidence de la République. Si au Mali et au Niger les choses se sont précisées, à Conakry, on reste prudent.

Avec IBK, la polémique enfle autour de l’avion présidentiel qui serait acheté à quelque 20 milliards FCFA. L’achat est jugé inopportun par les partenaires techniques et financiers du Mali. Le FMI a bloqué son appui budgétaire. Les nouvelles tournures de l’affaire de l’avion présidentiel ne contribueront qu’à pourrir davantage l’atmosphère entre l’Etat malien et ses partenaires financiers. A côté, au Niger, l’autre pays le plus pauvre de l’ouest-africain, vient d’acheter un nouvel avion présidentiel pour environ 30 millions d’euros, a indiqué lundi le ministre nigérien de la Défense, provoquant l’ire de l’opposition. L’avion, « réceptionné dimanche après-midi » à Niamey, est un Boeing 737-700 acheté « sur fonds propres » du Niger « autour de 20 milliards de francs CFA » (30,5 millions d’euros), qui participera au « rayonnement de notre illustre République », a déclaré le ministre de la Défense Karidjo Mahamadou.

Qu’est-ce qui retient alors Alpha Condé sur qui pèse d’ailleurs un fort soupçon d’enrichissement illicite, notamment avec cette affaire de cargaison saisie récemment à Dakar ? En tout cas, si l’on en croit au journal « La lettre du continent » du N° 687 dans sa parution du 23 juillet 2014, Dassault Aviation serait approché par Conakry. Plusieurs émissaires du Président guinéen se sont rendus début juillet, au siège d’Assault aviation à Saint-cloud, en banlieue parisienne, a écrit le journal. L’objectif de ses démarches serait d’étudier la possibilité pour le président guinéen d’acquérir un jet de Falcon auprès du constructeur français. Les négociations devraient se poursuivre au cours de la visite d’Alpha Condé en France mi-août, dans le cadre de la célébration du Débarquement en province, précise le canard.

Alpha Condé qui a battu tous les records de déplacement à l’étranger depuis son arrivée aux manettes n’est pas souvent à l’aise avec les avions privés loués chers aux frais du contribuable ou mis à sa disposition par les compagnies minières comme RusAl. Comme le Cameroun et ailleurs, à côté, à Bamako, cette possible acquisition livrerait notre pays à des probables sanctions des institutions de Breton Woods (FMI et Banque Mondiale). C’est certainement à cause de cette épée de Damoclès que Condé se rétracte, en attendant d’y voir clair. Sinon que, les fonds sont disponibles, nous apprend-on.

Jeanne FOFANA, Kabanews

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