Adoption d’une loi sur la cybercriminalité : Quelles conséquences ?

Comme annoncé dans nos précédentes éditions, les députés guinéens ont voté jeudi une loi portant sur la cybercriminalité et la protection des données à caractère personnel. Selon le contenu de cette dispositions, ‘’les infractions et crimes commis dans le cyberespace en Guinée seront punis.’’

Pour justifier cette mesure, le ministre de la Télécommunication des NTICS et de l’Economie Numérique, estime que l’élaboration de cette loi est partie d’un constat : « Souvent de graves et divers actes sont  commis au sein de cet espace, causant aux Etats et aux citoyens, des conséquences irréversibles », a expliqué Moustapha Mamy Diaby.

Mais certains voient de cette disposition un frein à la liberté d’expression, notamment pour les blogueurs, les journalistes et certains acteurs de la Société civile

En tout cas, cette disposition de la loi prévoit entre autres :

  • une lourde sanction contre les lanceurs d’alerte ;
  • de transformer les opérateurs de télécommunications et les entreprises du numérique en des agents de la censure étatique en les obligeant de se doter de dispositifs permettant de filtrer le contenu accessible aux utilisateurs d’Internet, sous peine d’amende, voire d’emprisonnement ;
  • une peine de six mois d’emprisonnement et une amende allant de 40 millions à 120 millions de francs guinéens pour le délit d’émission d’injure, d’une  expression outrageante, et de tout  terme de mépris ou toute invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait.

Au regard du contenu de cette disposition de la loi, estiment de nombreux observateurs, la Guinée est en train de tourner totalement le dos à la liberté de la presse et d’expression pour condamner la moindre possibilité d’indépendance et de liberté des journalistes en lignes, des webactivistes et autres lanceurs d’alerte.

Or, la question relative à la liberté de la presse obtenue après des lourds sacrifices, ne pourront être mis dans l’eau. Même si les utilisateurs du web sont conscients aujourd’hui du fait que le professionnalisme devrait prévaloir dans le cadre de leurs activités quotidiennes, il en est de même pour la liberté d’expression.

En attendant l’application de cette mesure, l’adoption de cette loi suscite déjà des interrogations au sein de l’opinion publique.

Mariam Diallo, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.