Affaire 130 milliards octroyés aux femmes et aux jeunes : la présidence réclame le montant aux Institutions de Microfinance

L’affaire avait fait du bruit dans la cité ! On se souvent, c’était en 2013, pendant que le président Alpha Condé faisait face à une opposition plus que jamais déterminée à en découdre avec lui pour se tailler une place à l’Assemblée nationale, le locataire du palais Sékhoutouréya, avait créé à l’époque  l’Agence nationale de la Microfinance (ANAMIF), qui a été dotée d’un fonds de financement de 130 milliards de francs guinéens.

Pour rappel, ce fonds de campagne pour les élections législatives, déguisé en fonds d‘appui aux activités des femmes et des jeunes, avait été mis en place en Avril 2013. Il a été affecté à une quinzaine d’institutions de micro finance évoluant dans le pays, qui ont toutes signé une convention avec l’Etat guinéen pour la gestion du fonds. Et chacune des IMF a été doté d’un montant, au prorata de la taille de ses activités, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Mais tout le montant n’avait pas été décaissé.

Selon un responsable d’une structure de microfinance, qui s’est confié à Kababachir.com, seulement 27 milliards avaient été décaissés, comme première tranche du financement, et le reliquat n’a jamais été décaissé en faveur des IMF.

Toutefois, des ‘’petits malins’’ proches du palais Sékhoutouréya, avaient déjà mis leurs pieds dans le plats, pour réorienter le reste du fonds à d’autres fins. Tout d’abord, des militants du parti présidentiel, se sentant écartés des critères d’octroi des crédits par les institutions de microfinance, se sont dirigés à l’époque vers le palais Sékhououréya pour exprimer des soucis et réclamer leur part.

Leur revendication avait été prise en compte partiellement. Des femmes du marché Avaria qui se battaient pour le RPG-Arc-en-ciel, en ont profité pleinement. Des montants avaient été octroyés sur le fonds ANAMIF et des cadres véreux ont également pris leur part. Le reste du fonds aurait pris une destination inconnue. Et on se souvient encore, les MUFA,  structures d’appuies aux activités des femmes, avaient été créées en prélude de  la campagne présidentielle de 2015.

Quatre ans après le versement de la première tranche, la présidence réclame le montant aux institutions de microfinance.  Depuis l’annonce de la nouvelle, c’est la panique générale au niveau des IMF.

Après la décision du président de la République de dissoudre l’Agence nationale de la microfinance (ANAMIF), certains se croyaient propriétaire du fonds, en guise de subvention de l’Etat. Mais aujourd’hui, on se rend compte que tel n’est pas le cas.

Dans un courrier adressé récemment aux IMF, dont Kababachir.com s’est procuré d’une copie, la présidence de la République convie les IMF à une rencontre pour s’expliquer de l’utilisation du fonds et proposer un échéancier de remboursement dans les meilleurs délais. Ce fonds de campagne devient ainsi une « patate chaude » pour les IMF, qui ont du mal à justifier son utilisation.

Déjà, la commission mixte composée des cadres de la présidence, de la Banque Centrale et du ministère de l’Economie et des Finances, mise en place à cet effet, a commencé à s’entretenir individuellement avec  la quinzaine des institutions de microfinance.

Affaire à  suivre….

Sidiki Mara, Kababachir.com

 

 

 

 

 

 

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