Affaire 28 septembre : Les avocats de Toumba demandent l’inculpation d’Alpha Condé

Après avoir annoncé la suspension de l’assistance de leur client, en raison de la lenteur du dossier, les avocats de Toumba Diakité demandent l’inculpation du président Alpha Condé, plus de 7 ans après la tragédie.

En conférence de presse lundi, les avocats de Toumba Diakité ne cachent pas leur indignation devant les propos du Chef de l’Etat, qui avait déclaré récemment devant la presse française, ‘’qu’il y a des innocent dans cette affaire’’.

Pour Me Paul Yomba Kourouma,  membre du collectif des avocats de Toumba Diakité, « Ce dossier ne peut être traité en l’absence du Pr Alpha Condé qui se trouve impliqué en dehors même de ce que nous venons de révéler. Si d’autres inculpés que nous attendions, dont certains ne sont pas encore à Conakry pour nous parler de l’implication de l’homme. Je crois qu’il nous a donné l’occasion de l’enrôler dans cette affaire, le livrer à la justice guinéenne ou la justice internationale ».

C’est pourquoi, estime-t-, il, « Le Pr Alpha Condé ne peut pas opposer une quelconque immunité dans cette affaire, parce que nous sommes en face d’un crime contre l’humanité, un crime de masse, un crime de sang, un génocide. Si le chef de l’Etat pose des actes qui enfreignent la légalité, il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas interrogé, qu’il ne soit pas interpellé voire inculpé. Le chef de l’Etat, en intervenant tel qu’il l’a fait laisse supposer qu’il sait de la conception de ce massacre, de sa préparation et de son exécution. En plusieurs points il trouve son implication ».

A noter que le Collectif des avocats de Toumba Diakité qui déplorent les conditions de détentions de leur client, œuvrent désormais en faveur du transfert du dossier à la Cour Pénale Internationale. Ils estiment que la justice guinéenne a prouvé ses limites pour tenir un procès juste et équitable. Il reste à voir si leur souhait sera réalisé, compte tenu du caractère sensible de ce dossier.

Pour rappel, le 28 septembre 2009, au cours d’un rassemblement d’opposants à la candidature du Capitaine Moussa Dadis Camara à la présidentielle, au stade de Conakry, au moins 157 civils ont été tués par les forces de défense et de sécurité, des dizaines de femmes violées et plus d’un millier de blessés.

Plus de 7 ans après, les familles des victimes attendent toujours que justice leur soit rendue.

Mariam Diallo, Kababachir.com

 

 

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