Affaire 28 septembre : vers l’audition du président Alpha Condé ?

La procédure judiciaire engagée dans le dossier des massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry connaîtra-t-elle l’audition du président de la République ? C’est ce que veulent les avocats d’Aboubacar Sididi Diakité alias Toumba. Les avocats de l’ancien aide de camp de l’ex-chef de la junte militaire, au pouvoir au moment des faits, ont annoncé avoir introduit vendredi une demande d’audition, en qualité de témoin, du président Alpha Condé auprès du pool de juges d’instruction travaillant sur le dossier.

 
Me Paul Yomba Kourouma, un des avocats du militaire, qui a rendu publique l‘information, a également réaffirmé leur demande de transfèrement de leur client, détenu à la Maison d’arrêt de Conakry depuis son extradition par les autorités sénégalaises, dans une chancellerie occidentale ou une résidence surveillée, estimant que les conditions de détention actuelles du prisonnier sont inhumaines et sa vie serait en danger.
En demandant l’audition d’Alpha Condé par le pool de juges en charge du dossier, les avocats de « Toumba » Diakité espèrent mettre la pression sur le président de la République. C’est, en effet, une manière pour eux de répondre au numéro guinéen qui a estimé début avril lors de sa visite d’État en France que “beaucoup de ceux qui sont mis en cause dans l’affaire du 28 septembre sont innocents”, rendant furieux les défenseurs du désormais célèbre prisonnier.
Réagissant à cette déclaration, Me Paul Yomba Kourouma a accusé le chef de l’État guinéen de vouloir orienter l’enquête et de faire payer son client les crimes de certains hauts cadres notamment de l’administration Condé qui sont, selon lui, les véritables instigateurs des évènements tragiques survenus au stade du 28 septembre dans lesquels au moins 157 personnes réunies pour protester contre l’éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara, le chef de la junte militaire, avaient été tuées par les forces de défense et de sécurité.
À l’époque, Alpha Condé était dans l’opposition qui avait appelé à ce rassemblement. D’après ses avocats, Aboubacar Sidiki Diakité a fait de nombreuses révélations lors de ses auditions. Des personnes qui occupent des hautes fonctions au sein de l’administration actuelle pourraient avoir été mises en cause. Une dizaine de personnes militaires et civiles ont été inculpées pour leurs responsabilités supposées dans ces violences. « Toumba » Diakité arrêté à Dakar après sept ans de cavale et extradé en Guinée est inculpé d’une quinzaine de chefs d’accusations et écroué. Le procès est prévu à la fin de l’année 2017.
Thierno Diallo, Kababachir.com

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