Affaire Diarra Traoré: quel rôle Amadou Damaro Camara a-t-il joué ?

Quelques mois seulement après la mort de Sékou Touré le 26 mars 1984 et la prise du pouvoir par l’armée le 3 avril 1984, un événement douloureux endeuille le pays. Le 4 juillet 1985, celui qui fut Premier ministre et numéro 2 du régime est accusé de tentative de coup d’Etat. Le colonel Diarra Traoré est ligoté, montré à la télévision puis exécuté. Sa résidence de la Minière pillée jusqu’au dernier carreau.

La violence d’Etat d’une rare férocité s’abat sur ses proches et son ethnie à Conakry. Passage à tabac, vendetta, exécutions sommaires, expropriations, humiliation.

Juillet 2015 – juillet 1985. 30 ans déjà. Toujours, pas de justice dans cette affaire  » floue », loin de livrer tous ses secrets.

Pourtant, dans l’entourage du président Alpha Condé, gravite un homme censé connaître cette affaire tragique sous toutes ses coutures. Son nom: Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’ Assemblée Nationale.

Des personnalités premier plan, pas des moindres, soupçonnent ce proche d’ Alpha Condé d’avoir joué un rôle obscur dans l’affaire Diarra Traoré.

Journaliste émérite et ancien ministre d’ état secrétaire général à la présidence, Tibou Kamara a récemment fait des révélations sur le rôle joué par le député Damaro Camara dans cette tragique affaire.

 » Lorsque en juillet 85, le colonel Diarra Traoré a été accusé de vouloir renverser le régime du général Lansana Conté, il a été arrêté, battu, tué dans des conditions qui jurent avec la dignité humaine.

Damaro Camara, président du groupe parlementaire du rpg-arc-en-ciel, dans une interview accordée en 1992, au journal  » L’indépendant », a confirmé la thèse du coup d’Etat manqué dans lequel lui-même a joué un rôle obscur , avant de  » coopérer » avec les autorités de l’époque , afin de préserver son insignifiante vie , quitte à sacrifier celles de beaucoup d’autres proches à lui.

Au-delà des faits reprochés à la personne de Diarra Traoré, la communauté Malinké à laquelle il appartient a été prise pour cible dans une véritable hystérie collective et une vague d’expéditions punitives , sur fond de règlements de comptes aveugles ( … )

Pendant ce temps, un des bourreaux ,  » l’honorable » satané Damaro bénéficie des honneurs de la République et s’agite dans l’entourage immédiat d’Alpha Condé, principal bénéficiaire sur le plan politique de cette autre tragédie guinéenne. A cette époque-là, la communauté Malinké bafouée dans sa dignité et montrée du doigt a trouvé en lui à la fois le protecteur et le justicier », a indiqué Tibou Kamara dans un article paru dans les colonnes de nouvelledeguinee.com.

Le président du PEDN, Lansana Kouyaté soupçonne, de son côté, Amadou Damaro Camara d’être impliqué dans l’affaire Diarra où il aurait joué un funeste et obscur rôle.

 » Ce sieur du RPG, dont vous parlez, a joué un rôle tellement sale dans l’histoire pas lointaine de la Guinée qu’il ne mérite pas une réponse si ce qu’il a dit ne porte pas sur des questions aussi graves que celles qu’il a suscitées dans le passé », a révélé sur nouvelledeguinee.com, l’ancien premier ministre du gouvernement de large consensus.

Le 4 juillet 1985, alors que le Président Conté assiste au sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO ) au Togo, le Colonel Traoré est accusé de coup d’Etat. Il est passé aux armes à 50 ans.

Au moins 200 personnes auraient été arrêtées suite au coup manqué du 4 juillet 1985, pour leur participation présumée à la tentative du coup d’Etat.

C’est ainsi que beaucoup de Malinkés ont été les cibles d’arrestations, car les dirigeants du coup d’état présumé de 1985 appartenaient à cette communauté.

Source : nouvelledeguinee.com

  1. Mamady Cisse dit

    Pas important

  2. Richard Bangoura dit

    Quel est l’interet de cet article ?

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