AFFAIRE SABLE MINING : Alpha Condé plutôt agacé

Tout naturellement, le président de la République a été obligé d’aborder la question de l’implication de son fils, Mohamed Alpha Condé, dans le dossier dit de « Sable Mining ». En gros, un rapport de Global Witness soupçonne ce dernier d’être mêlé à une vaste opération de corruption qui a débouché sur l’octroi d’un permis d’exploitation du mont Nimba à la compagnie britannique, Sable Mining. Interpellé, le chef de l’Etat y voit un raccourci destiné à l’atteindre. Autrement, il assure avoir fourni les gages de sa transparence dans la gestion du secteur minier. Mais par-dessus, Alpha Condé a fait montre d’un agacement évident

Tout d’abord, il a tenu à rappeler les mesures phares qu’il avait prises au lendemain de son élection en 2010 :

Quand j’ai été élu président, j’ai pris trois décisions importantes. La première, c’est de publier tous les contrats miniers sur internet. Nous sommes les seuls au monde à l’avoir fait. Parce que je n’ai rien à cacher. La deuxième, c’est de faire le nouveau code minier. La troisième, c’est de faire la revue de tous les permis. Nous avons récupéré 800 permis miniers

Mais ce rappel terminé, il s’est progressivement laissé gagner par l’agacement. C’est ainsi qu’il a lancé, entre autres : « Franchement, je ne suis pas obnubilé par les ONG. Ils n’ont qu’à dire ce qu’ils veulent ». Puis généralisant sa colère, sur fond d’un souverainisme qui n’avait pas sa raison d’être, il s’en prend à un certain nombre de médias français : « Les gens n’ont qu’à écrire ce qu’ils veulent. Cela ne me fait ni chaud, ni froid. Ce sont les gens dont on met les  intérêts en cause, qui paient les journalistes, c’est tout ! Honnêtement, je m’en fous ! Qu’ils écrivent ce qu’ils veulent. Ce n’est pas les journaux qui dirigent la Guinée. Ce n’est ni Le Monde, ni le Figaro, ni RFI, ou quoi que ce soit, qui dirige la Guinée. Qu’ils écrivent ce qu’ils veulent. Moi, mon seul juge, c’est le peuple de Guinée et le peuple africain, c’est tout. Tant que je mène la politique que mon peuple veut, personne ne me dira qu’il m’a donné de l’argent ».

Poursuivant sur le même ton, le chef de l’Etat estime qu’à travers son fils, c’est lui que des révélations de Global Witness cherchent à atteindre : « Si on n’atteint pas le papa, on attaque le fils. Ils sont libres d’intoxiquer comme ils le veulent. Je ne suis pas impressionné par ce que la presse écrit. La preuve, je ne vais jamais sur internet, sauf sur mon Facebook. Je ne lis pas les journaux. Depuis que j’étais opposant, je ne lis pas les journaux, je n’écoute pas la radio ».

Mais on se demande ce qui, de la part d’un président qui se dit serein, justifie une telle fébrilité ?

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

  1. Cissé Mamady dit

    L’argent attire le vieux pauvre. Il doit sauver son fils en lui protégeant par l’argent volé. Ce dernier sera un jour en prison.

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