Aliou Bah du Bloc Libéral : «C’est une erreur de se fixer sur un seul homme»

Sur la scène politique guinéenne, Aliou Bah du Bloc Libéral (BL) est connu pour ses virulentes critiques à l’encontre du pouvoir en place. Et le jeune opposant n’a pas dérogé à cette règle. Ce jeudi, il a fait des remarques peu flatteuses de la gouvernance du président Alpha Condé. Selon ce cadre du parti fondé par Faya Millimono, en 2010 quand le candidat du RPG/Arc-en-ciel arrivait au pouvoir, politiquement, la Guinée avait un grand potentiel en matière d’accompagnement pour son développement.

Pour le directeur de communication du BL, après tant de sacrifices consentis par les Guinéens pour l’avènement de la démocratie, la gouvernance d’Alpha Condé aurait pu mieux faire en matière de qualité de vie et de vision futuriste. Mais, deplore-t-il, les premiers pas ont “démontré les limites de l’homme en terme de vision et l’amateurisme avec lequel il gouverne le pays”. C’est ce qui a rendu les uns et les autres sceptiques», ajoute-t-il.

D’après l’opposant, il ne suffit pas à l’allure où va la Guinée de clamer haut et fort vouloir l’alternance et se limiter là, puisque, explique-t-il, l’alternance par les hommes on en a connu en 2010 avec l’arrivée au pouvoir de l’ancien opposant historique. «Mais est-ce que les visions et les modèles politiques se sont alternés», interroge-t-il, avant de rappeler les 26 ans du monopartisme sous la première République (1958-1984). Aliou Bah propose de réinventer des modèles dans lesquels les institutions sont solides. «C’est une erreur de se fixer sur un seul homme, croyant qu’il va sauver la Guinée», souffle-t-il.

Selon lui, la Guinée est aujourd’hui dans un système fortement centralisé dans lequel tout se résume au président qui est partout. «Quelles que soient les qualités d’un homme, s’il ne sait pas déléguer ses pouvoirs, responsabiliser, c’est évident qu’il va échouer», a soutenu le responsable de la communication du BL, assurant que les problèmes ne seront pas réglés dans un système centralisé. «Il faut réfléchir et proposer d’autres modèles politiques alternatifs», a-t-il insisté. Parmi ses solutions, M. Bah propose l’ouverture et un modèle politique tenant compte des avis et choix des citoyens.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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