Alpha à la fête du 8 mars : encore une autre une sortie ratée

La sortie de crise généralisée allait être patente et rassurante. Il s’agissait juste de centrer son discours sur : la date du remaniement ministériel, la renonciation solennelle du projet de 3è mandat, la date exacte de la réouverture des classes, la poursuite des présumés auteurs de vols de deniers publics et la mise en place d’une commission pouvoir, opposition et CENI afin d’examiner la sollicitude des leaders ayant été victimes de vols de suffrages.

Ces actions et certainement bien d’autres auraient fait redescendre la tension au lieu de chercher désespérément des boucs émissaires et de faire – encore et encore – des annonces farfelues pour distraire les Guinéens. Quand Alpha Condé déclare qu’à partir d’aujourd’hui « Je vais désormais écouter la majorité silencieuse, je vais descendre sur le terrain, écouter les magistrats, les médecins, les jeunes, etc. », il met en évidence tout le mensonge qui a entouré ses autres déclarations d’antan. Cette sortie ratée du Président prouve qu’il n’a jamais été sérieux avec ses concitoyens, près de dix ans au pouvoir. Il n’a juste abusé d’eux, leur voler des voix.

C’est à deux ans seulement de la fin de son mandat constitutionnel qu’il se rappelle qu’il doit écouter la majorité silencieuse, rencontrer les magistrats, les médecins, les transporteurs, les femmes et les jeunes pour prendre des décisions. C’est maintenant, après avoir été chauffé par celles et ceux qui le soutiennent jusque-là qu’il se lâche : « Nous allons faire un gouvernement de ministres responsables qui seront à l’écoute et proches du peuple et qui pourront informer correctement le Président de la République. Donc, jeunes de Guinée, votre avenir est ma préoccupation, d’abord en tant qu’enseignant ensuite entant que président. »

Il se défausse carrément sur ses ministres, alors que c’est lui-même qui les a nommés, alors qu’il peut les démettre, les faire poursuivre et les faire condamner s’ils sont coupables de malversations. Mais, il fait encore une sortie ratée : raisonner en opposant. Tant pis pour ceux qui croiront à ce président à la gouvernance sur béquille.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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