Alpha Condé dépensier : le débat a-t-il été déplacé ?

Le conseiller personnel d’Alpha Condé, Tibou Kamara a nié le statut de gros dépensier attribué au Président guinéen par une bonne frange de Guinéens : politiciens, militants du RPG, médias locaux, observateurs, alliés, etc. Selon toute vraisemblance, le débat a été déplacé.

En effet, Alpha Condé est supposé être gros dépensier parce que tout simplement, ses multiples voyages intempestifs – même en temps de pire Ebola, de crises politiques internes, de crises sociales, etc.- agaçaient plus d’un. Avec des fonds publics déjà amaigris, Alpha Condé reste toujours entre deux avions, des Jets privés pour l’essentiel. Et pourtant il a imploré les Guinéens à se serrer la ceinture depuis des années. Avant les PPTE, pendant ceux-ci et après ces fameux PPTE. Puis, c’est Ebola qui s’invite. Alpha Condé demande encore aux Guinéens de garder la patience, mais, refuse de réduire le prix du carburant à la pompe, évoquant des exigences des institutions financières internationales.

Pendant ce temps, les ministres et autres cadres de l’Etat poursuivent leur quotidien insolent avec des gros 4X4. Le train de vie de ceux-ci n’ont jamais connu une restriction. Alpha Condé lui-même exige à ce que son budget soit revu à la hausse. En lieu et place, il aurait renoncé à cette augmentation insolente. Pendant ce temps, les routes nationales sont impraticables. Des quartiers entiers manquent d’eau. Des écoles manquent tout. Des jeunes diplômés rêvant de

tablette se voient exigés de débourser plus de 100 USD pour assouvir les ambitions. Alpha Condé n’en a cure. Tibou devrait le savoir. Mais, il a préféré ceci dans la presse nationale: «Le Président Alpha Condé est l’un des rares chefs d’Etat à ne pas disposer d’un avion personnel dans une flotte présidentielle à sa guise. Deuxièmement, les avions qu’il utilise ne sont pas réputés les plus chers dans la gamme de location des avions. Il pousse la retenue, la sobriété, si loin que c’est l’un des rares chefs d’Etat, sans tenir compte des conditions de sécurité et de confort habituellement requises, à habiter dans des hôtels qu’on pourrait qualifier d’ordinaires, comparés aux palaces dans lesquels la plupart des chefs d’Etat africains descendent lorsqu’ils sont en déplacement à l’étranger. »

Au lieu de remonter la pente de l’histoire des voyages dont les retombées ont été moindres, Tibou pars des cas récents : « Même pour la Présidence de l’Union Africaine, qui impose au Président de se déplacer très souvent, il a réparti les tâches qui lui incombent avec d’autres chefs d’Etat ; C’est ainsi que des groupes de travail ont été constitués, à la tête desquels se trouvent des Chefs d’Etat d’autres pays. Cela permet de se faire représenter selon les thèmes comme l’immigration, comme la croissance, comme la réforme de l’Union Africaine. Lorsqu’il s’agit de ces thèmes, plutôt que de se déplacer comme on l’a fait lors des précédentes présidences, il préfère déléguer un de ses pairs ; tout cela pour limiter ses déplacements, pour pouvoir se consacrer aux affaires intérieures du pays, et aussi pour limiter les coûts liés à cette présidence de l’Union Africaine. »

Heureusement que : « On n’a pas d’inquiétude à communiquer sur les déplacements du Président, on n’a pas d’inquiétude à parler ouvertement du coût de ses déplacements, parce que nous sommes convaincus que c’est le moindre des coûts de tous les déplacements que les Chefs d’Etat pourraient effectuer dans le monde au titre de leurs activités. »

On attend donc de tout comprendre. A moins que ce ne soit, un effet d’annonce pour calmer les ardeurs.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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