Alpha Condé-Fodé Bangoura : un tandem en difficulté

A la veille de l’élection présidentielle de 2015, on disait d’eux les meilleurs partenaires. Mais aujourd’hui, ils ne filent pas tout à fait le même coton. Ils, ce sont Alpha Condé, le président de la République et Fodé Bangoura, président du Parti de l’unité et du progrès (PUP, héritage de Lansana Conté). On a senti la dégradation quand, il y a quelques semaines, le second a commencé à se présenter aux Assemblées générales de son parti. On y a en effet vu une mobilisation destinée à monter les enchères face au pouvoir. En effet, quand tout allait bien, Fodé Bangoura ne semblait trop se soucier de la mobilisation des électeurs. Mais désormais, on sait qu’entre lui et le locataire du palais Sekoutouréya, les relations ne sont plus au beau fixe.

Certains des propos que l’ex-petit président a tenus à la faveur de l’Assemblée de ce samedi suffisent pour attester du divorce quasi-consommé. Prétextant d’une attaque que le président de la République, à la faveur de sa dernière visite en Chine, aurait réservée au régime de feu le général Lansana Conté, Fodé Bangoura s’en est vertement pris au bilan d’Alpha Condé.

Croyant déceler chez ce dernier une certaine duplicité, Fodé Bangoura dénonce ouvertement l’état piteux des routes guinéennes de nos jours. Une situation qu’il prend un malin plaisir de comparer à ce qui prévalait du temps de Lansana Conté. Très remonté, il s’en est pris même au barrage Kaleta qui demeure pourtant l’acquis le plus probant du premier mandat d’Alpha Condé. Pourtant, le successeur de Lansana Conté à la tête pense que « c’est juste pour un temps qu’il va  soulager la population ».

Par ailleurs, particulièrement irrité par les attaques du président contre Lansana Conté, Fodé Bangoura exige qu’elles s’arrêtent. Autrement, il promet de faire des révélations qui risquent de « brûler le pays ».

D’ailleurs, il a ouvertement précisé que sa sortie de ce samedi n’est qu’un avertissement. En tout état de cause, il met en garde contre les risques de manipulation dont les militants du PUP pourraient faire l’objet dans l’optique des prochaines élections communales. Selon lui, assimilant ces derniers à de « petites personnes », on viendrait prochainement leur proposer « un sac de riz et 50.000 fg ». S’adressant directement aux militants, il les prévient : « Après les élections, ils vont vous jeter ».

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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