Alpha Condé et le gré à gré : qu’en dit le Code des marchés publics ?

Il attribue des marchés publics à ses proches, à sa famille politique et biologique, à ses amis, copains et autres coquins rencontrés ici et ailleurs. Mais, lui-même dénonce la façon dont sa gouvernance est malmenée. Alpha Condé est absolument atypique. Il marche sur le Code des marchés publics et se pose étrangement en garant des lois de la République.

Le président de la République crache sur un outil juridique dont lui-même a promulgué la Loi/2012/020/CNT. Il trace ainsi une ligne à suivre pour ses nombreux autres ministres (13 sur 15 départements ministériels, selon un rapport dit spécial, gardé top secret ou bloqué auprès du Cabinet d’Ibrahima Kalil Kaba) qui ont excellé dans le gré à gré, comme Ibrahima Kourouma du Pré-Universitaire, de Mariama Camara des TP, etc.

Cette Loi fixe pour autant les règles régissant la Passation (Direction nationale des marchés publics) de Mme Touré, le Contrôle (Administration et contrôle des grands projets et des marchés publics) pilotée par le très discret RPGiste, Mamady Thalès Camara et la Régulation (Autorité de régulation des marchés publics – ARMP) que malmène – le personnel n’est pas payé depuis sa nomination, il y a 7 mois -, sans ménagement, littéralement et, ce, depuis le mois de mai un certain Jonas Mukamba Kadiata Diallo, paria du Patrimoine bâti public et curieux remplaçant de la tête de Turc Guillaume Curtis. Voilà l’attelage qui facilite tout à Alpha Condé dans sa politique d’octroi à outrance des marchés de gré à gré, notamment dans les

Travaux publics, les Mines, l’Energie, etc. Qu’en dit donc le Code des marchés publics sur ce fameux gré à gré ?

Dans son article 37 du Code des marchés publics est dit marché de gré à gré ou entente directe tous marchés passés sans appel d’offres, après autorisation spéciale du ministère des Finances, justification par l’autorité contractante et avis motivé de l’ACGPMP de Thalès Camara. Le gré à gré devrait mettre en concurrence au moins trois candidats susceptibles d’exécuter le marché. Dans l’article 38 du même Code, il est stipulé que l’ACGPMP et la DNMP veillent à ce que, sur chaque année budgétaire, les montants additionnés des marchés de gré à gré passés par chaque autorité contractante ne dépassent pas 10% du montant total des marchés. Une réelle fiction car, même la Présidence de la République dans cette situation de gré à gré avec un montant TTC de près de 5 milliards GNF.

Selon le rapport dont Kababachir.com a une copie, entre 2013 et 2015, c’est plus 1 544 marchés qui ont été octroyés à 1 167 entreprises. Chaque année, les mêmes marchés, les mêmes entreprises. A titre illustratif : Soneci SA, seulement en 2015 a eu 7 marchés avec un montant TTC/GNF de 32 722 423 455. La main d’un haut cadre du Pré Universitaire est citée, c’est une société qui fournirait de la craie à l’Etat ; Ets Mou-Na (Ce nom vous dit ?) a lui trouvé 6 marchés avec 9 799 264 190 GNF. La prochaine révélation se peaufine chez Kababachir.com. Ça risque d’être palpitant.

Nous y reviendrons !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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