Alpha Condé, le paradoxe d’un « bien élu unanime»

Sous d’autres cieux, beaucoup plus cléments pour l’encrage de la démocratie et le respect des droits et libertés fondamentaux, gagner des scrutins(présidentielle, législatives et un référendum) suppose qu’on sort du lot de la kyrielle d’opposants en lice. Et cela doit être sans conteste, car, les électeurs auront choisi vraiment leur candidat.

En Guinée, le pays d’Alpha Condé où cet opposant historique revendiquant plus de 40 ans de lutte pour la démocratie est déclaré vainqueur de la dernière présidentielle, la situation fait école. En effet, avant la pantalonnade électorale et selon certains affidés du régime, toute la Guinée est favorable à Alpha Condé sauf une seule région et une seule Commune, à Conakry. C’est ce que laisse comprendre pour sa part, Rachid Ndiaye, un proche du leader du RPG. Le peuple s’est massivement mobilisé pour ma candidature, ajoute Alpha Condé. Cette lecture s’est projetée dans les chiffres de la CENI. Celle-ci, gonfle tout, jusqu’à aller au-delà du raisonnable. Conséquence : des scores soviétiques sont attribués au candidat sortant du parti au pouvoir.

L’octogénaire avancé, affaibli par l’âge, rongé par la revanche, le règlement de comptes et saisit littéralement par le déni et le mépris triomphe donc sans gloire. En mal de reconnaissance à l’intérieur même de sa famille politique à fortiori au niveau de l’Union européenne dont la France ainsi qu’au niveau du peuple de Guinée, le «bien élu unanime», embastille ses opposants, intimide les militants de l’UFDG, poursuit les autres pour, entre autres complots. Peu suffisant pour délimiter son territoire, le «bien élu unanime», militarise l’Axe, favorable à l’opposition, les policiers et gendarmes mobilisés en nombre impressionnant ne suffit plus. Encore moins le confinement des leaders politiques, alliés au patron de l’opposition guinéenne.

Ce paradoxe d’Alpha Condé, lequel revendique une réelle unanimité autour de lui en dit long. Et Dalein Diallo, ironise : « Celui qui a gagné une élection n’a pas besoin de réquisitionner l’Armée ». Et d’ajouter, parlant de sa participation au scrutin : «Très honnêtement, je ne regrette pas ma participation à cette élection. J’ai pu encore une fois mettre en évidence la force de l’UFDG en termes de poids électoral et de capacité d’organisation. On sait aujourd’hui qui a gagné les élections même dans le cercle du pouvoir. Lorsque les institutions à sa solde ont proclamé sa victoire, personne n’a bougé parce que personne n’était content. Il n’y a pas eu de manifestation de joie, parce qu’on savait que c’était quelque chose de volée et parce qu’il n’avait pas justement d’électeurs. » Le paradoxe Condé est quand même saisissant.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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