Alpha Condé : l’homme qui rêvait du péage et du pesage…

Il ne rate jamais d’occasion pour faire miroiter ceux qui le croient encore des promesses farfelues. Alpha Condé était encore aux devants de la scène, il y a plus de quatre ans à l’occasion de la pose de la première pierre de la construction du pont de Kaka par les Japonais, pour gaver les Guinéens le péage et pesage qui devrait être essayé en Guinée, oubliant complètement que notre pays n’a pas encore ces genres d’infrastructures. Mais, il fallait parler pour parler.

En réalité, combien devrons-nous payer ? Quels sont les véhicules qui seront assujettis à ce payement ? Combien de postes de péage et de pesage y aura-t-il  sur l’autoroute ? Pourquoi nous faire payer notre circulation alors que nous payons déjà la patente et la vignette ? Quelle sera alors l’utilité du fonds routiers ? C’est la substance des questions que nombreux Guinéens ne cessent de se poser depuis que le président Alpha Condé a tenu un discours à l’occasion du lancement des travaux sur le pont de Kaaka, à Coyah.

En effet, selon le président guinéen, « Notre objectif est de faire en sorte les routes soient transformées en 2 x2 voies pour que la route soit praticable et qu’il y ait moins d’accidents. Nous sommes très heureux que ça commence, mais ce n’est qu’un début. Parce qu’il faut remplacer tous ces tournants par des routes beaucoup plus droites. » Jusque-là ça va. Et toc ! « Ça coûtera très cher, mais si on fait les routes, elles seront les routes à péage. Au moins le péage ne rembourse pas, mais il permet d’entretenir la route ». Péage, pesage ? Oui ! Certainement pour entre autres contrôler les surcharges afin de permettre à nos routes d’avoir une longue vie. Des études montrent en effet que c’est la surcharge qui détruit,  nos routes.

A côté de cela, renflouer les caisses de l’Etat et orienter les ressources ainsi engrangées dans l’entretien des routes. Seul hic, le fonds d’entretien routier est là. Une autre vache à lait qui a déjà son budget dont le Guinéen moyen ne saura jamais le montant alloué annuellement. C’est dire que les usagers risquent d’assister à des pratiques frauduleuses, sources de pertes de recettes par l’Etat. Et comme la corruption et l’impunité sont droit de cité en Guinée, le projet non encore mûri de Condé ne fait vraiment pas rêver.

 

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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