ALPHA CONDE : Le politique aurait-il supplanté l’humain ?

Il y a beaucoup à dire de la conférence de presse présidentielle de ce dimanche. On peut notamment revenir sur la réaction plutôt froide qu’Alpha Condé a eue par rapport au décès du garde-corps de Cellou Dalein Diallo. Contraint à aborder le sujet, il l’a fait avec détachement et négligence. Chez lui, on n’a ressenti aucune once d’émotion. Il ne s’est même pas donné la peine de simuler. A la fois dérisoire et banal aux yeux d’Alpha Condé, la mort de Mamadou Saïdou Bah est appréhendée par lui comme la disparition d’un ennemi. C’est ainsi qu’il en a parlé avec une pointe de sourire en coin.

Devenu subitement fataliste, Alpha Condé a essayé de faire passer le message selon lequel le garde de Cellou Dalein Diallo s’en est allé parce que l’heure avait sonné. C’est ainsi que déclare-t-il : « Quelqu’un peut mourir. Moi qui suis là je peux mourir. D’abord, les gens qu’on a arrêtés, certains étaient malades. Les enfants ne l’ont pas dit, mais il est mort à l’hôpital. Donc, est-ce qu’il n’y a pas de malades parmi vous ? Ce n’est pas parce que quelqu’un a la diarrhée que ça devient un problème ».

Même sous leur forme transcrite, ces propos témoignent du peu d’affection qu’éprouve le président de la République. Il est cependant censé être le président de tous les Guinéens, ses adversaires comme ses partisans. Mais si l’autre fois, il avait, à la fois d’une Assemblée générale du RPG-arc-en-ciel, il avait donné des consignes fermes pour que les militants malades soient promptement pris en charge, là, il est évident que même la mort de l’agent de l’UFDG est relative à ses yeux.

C’est à croire que chez lui, le politique a pris le pas sur l’humain.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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