Alpha Condé, une certaine idée de ses opposants…

« Ce qui est le plus étrange pour moi qui ai passé quarante-cinq ans dans l’opposition, qui ai été condamné à mort et fait de la prison, qui me suis battu pour la démocratie, c’est que ceux-là mêmes qui ont organisé les élections les plus frauduleuses dans l’histoire de ce pays prétendent aujourd’hui qu’il n’y a pas de démocratie. C’est un peu comique, mais il faut faire avec. »

Alpha Condé ne rate jamais ses opposants dont Dalein Diallo, Sydia Touré. Et même dans les gouaches de François Soudan, l’actuel président ne les épargne point. Rien d’inédit.

De toutes les façons, Alpha Condé n’a de sujets que de s’en prendre à ses opposants, leur attribuer tous les maux dont souffre la Guinée. Il oublie royalement que ces opposants n’étaient pas présidents de la République. C’est plutôt lui qui devrait incarner ce statut. Mais, en lieu et place, il se prend comme militants et parfois opposant à lui-même : il dénonce sa gestion, il voue aux gémonies ses ministres, il menace certains de l’autre côté. Le statut de chef de l’Etat est désincarné.

Alpha Condé peine à prendre des sanctions contre les siens. Et pourtant, des malversations avérées ont été dénoncées ici et là. Des enrichissements illicites ont été fustigés ici et là. Il commandite des audits, mais, les conclusions de ceux-ci restent dans les tiroirs. Tant au niveau des marchés publics qu’au niveau de l’énergie et des autres secteurs. On le comprend car, tous les postes sont occupés par des militants du RPG. S’en prendre donc à un opposant dans un livre comme celui de Soudan n’est en réalité qu’une redondance.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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