Alpha en zones minières : le clin d’œil au syndicaliste incarcéré

«Nous ne voulons plus de pagaille, nous allons renforcer les forces de sécurité et la Justice va s’appliquer. Il y a beaucoup de délinquants qui viennent à Boké et à Boffa pour faire la pagaille. Désormais toute personne qui sera arrêtée sera condamnée et il n’y aura pas de droit de grâce. Nous allons assurer la sécurité des sociétés minières parce que Boké et Boffa sont le poumon du développement de la Guinée. Nous n’allons pas permettre que ce poumon soit pollué. »

Alpha Condé envoie, à travers cette déclaration, un clin d’œil inamical au syndicaliste SidikiMara. On le sait, l’arrestation et la détention du syndicaliste de l’UGTG, depuis le 6 mai 2018 interpelle l’INDH. Sur ce point, « L’INIDH rappelle la règle sur la mise en liberté provisoire de l’intéressé en attendant qu’un tribunal compétent respectant les conditions d’un procès équitable statue sur sa culpabilité, autrement c’est l’image de la Guinée qui est écorchée. »  

 C’est le patron de l’INDH en personne qui dénonce. C’était au cours de l’ouverture de la session ordinaire de la plénière de l’Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH) qui a eu lieu 5 juin à Conakry et dont les travaux se poursuivent encore jusqu’au 25 juin. Le Dr AlyaDiabyplaide ainsi pour le syndicaliste au moment même où la date de comparution de Boubacar SidikiMaraa été fixée pour le 21 juin au tribunal de première instance de Dixinn.

Me Paul Yomba Kourouma, avocat du syndicaliste a dénoncé la mauvaise foi des magistrats, notamment du ministère public qui n’a pas accepté de mettre le dossier au rôle. Sous l’injonction d’Alpha Condé, le syndicaliste a été arrêté le 6 mai à Boké. Il a été mis sous mandat de dépôt deux jours après, puis conduit à la Maison centrale de Coronthie, à Kaloum. Il est le secrétaire général adjoint de l’Union générale des travailleurs de Guinée (UGTG). Il a eu la malchance d’aller rencontrer des travailleurs d’une société où le président et ses proches ont bien des deals à défendre. En revenant donc, sans le nommer, sur ce cas précis de ce syndicaliste, Alpha Condé brandit davantage le glaive.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

 

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