Alpha et le 3ème mandat : Ce qu’il faut craindre en Guinée

A mi-mandat pour son second et dernier quinquennat, Alpha Condé entretien toujours le flou sur ses intentions d’une éventuelle modification de la Constitution pour s’octroyer un 3ème mandat.

Au cours d’un entretien qu’il a accordé récemment avec nos confrères du journal libérale Britannique ‘’The Economist’’, le Chef de l’Etat guinéen, n’a toujours pas voulu trancher sur cette question, qui préoccupe pourtant plus d’un guinéen.

Répondant aux questions de nos confrères, le président Condé regrette que les présidents Africains soient limités en nombre de mandats. Pour lui, ses compères africains « ne devraient pas avoir de limites de mandats ». A l’appui de cette argumentation il met en avant l’impossibilité de se projeter à long terme dans la réalisation des projets « ils (les mandats limités) les empêchent de réaliser des projets ambitieux à long terme », a-t-il fait remarquer.

Même s’il (Alpha Condé) n’a pas encore officiellement annoncé ses intentions,  les velléités d’un projet de 3ème mandat pour Alpha Condé se profilent à l’horizon.

Alors que le président ivoirien, Alassane Ouatara, et le nigérien, Mahamadou Issoufou, ont déjà tranché sur cette question, qu’il n’est pas possible de modifier la Constitution pour s’octroyer un 3ème mandat, en Guinée, Alpha Condé ne veut pas qu’on aborde le sujet.

A chaque fois qu’on lui pose cette question, Alpha Condé répond en ces termes : « Dans un pays, ce n’est pas à vous de décider, c’est le peuple. Personne, je dis bien, personne ne me dira ce qu’il faut faire, excepté le peuple de Guinée. J’ai un programme de cinq ans que j’applique pour satisfaire le peuple de Guinée. Je ne rentrerai pas dans ce débat de limitation de mandats ».

Mais ce n’est pas tout ! Le Chef de l’Etat guinéen est hostile à la question. Selon lui, ce ne sont pas les démocraties qui ont développés certains pays Africains et asiatiques :

« Nous en avons assez qu’on invective : l’Afrique, l’Afrique… L’Asie du Sud-Est dont on vante tant les mérites s’est développée comment ? Est-ce que ce sont des démocraties ? La Malaisie ? Pourquoi vous ne voulez pas que je collabore avec Kagamé ? Non, je n’ai aucun complexe. Chaque président est libre, en fonction de son peuple, de faire sa politique », a-t-il coupé court.

Une démarche qui risque de plonger le pays dans une instabilité politique.

Pour Cellou Dalein Diallo, le principal opposant du régime, « cette déclaration donne lieu à une nouvelle transition. Les Guinéens ne voudront pas du tout que leur Constitution soit modifiée. Il y aura un choix à faire avec des conséquences et j’espère qu’Alpha Condé fera le bon choix, pour la démocratie et pour lui-même. ».

Or, l’article 27 de la Constitution guinéenne est clair la dessus: « en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non ».

Pendant que l’article 154 verrouille le dispositif : « La forme républicaine de l’État, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’État, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision ».

En attendant 2020, nombreux sont les guinéens qui craignent qu’un tel projet de révision Constitutionnelle donne lieu à une nouvelle transition, comme ça été le cas du Burkina Faso, avec Blaise Compaoré.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

 

 

 

 

 

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