Alternance démocratique, gage certain d’une paix durable et du développement en Afrique

Si les années 90 ont été marquées par l’instauration du multipartisme intégral dans beaucoup des pays Africains, force est de reconnaitre qu’aujourd’hui le processus de démocratisation du contient reste encore une grande préoccupation. Et ce, malgré la volonté politique affichée par certains dirigeants du continent Africain.

Face à cette situation, l’Union Africaine a mise en place une Charte Africaine sur la démocratie et la bonne gouvernance, ouvrant ainsi la voie à une culture démocratique, avec une alternance dans la gestion du pouvoir,  gage certain du maintien de la paix et du développement durable.

Adoptée le 30 janvier 2007 à Addis Abeba, la Charte de l’Union Africaine, vise à promouvoir la bonne gouvernance, notamment par la transparence et l’obligation de rendre compte de l’administration, et à renforcer les institutions politiques pour asseoir une culture de la démocratie et la paix.

Au nombre des objectifs et principes énoncés à l’Acte constitutif de l’UA, en particulier, en ses articles 3 et 4, figurent l’importance de la bonne gouvernance, de la participation populaire, de l’Etat de droit et des droits de l’homme dans le continent.

 Il s’agit, selon les dispositions de la Charte de l’UA, d’enraciner dans le continent, une culture d’alternance politique, fondée sur la tenue régulière d’élections transparentes, libres et justes,  conduites par des organes électoraux nationaux, indépendants, compétents et impartiaux.

Les Etats membres se sont engagés à élaborer les cadres législatifs et politiques nécessaires à l’instauration et au renforcement de la culture de la démocratie de la paix et mettre en œuvre des programmes et à entreprendre des activités visant à promouvoir des principes et pratiques démocratiques.

On peut croire que les Etats Africains s’inscrivent résolument dans la démocratie comme objectif majeur.  On sait combien la formule française : « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants » qui exprime la dévolution du pouvoir démocratique, a fait fortune dans les constitutions africaines.  C’est à l’article 3 de la charte que figurent les principes en fonction desquels les pays africains entendent asseoir la démocratie. Dans l’ensemble reviennent les principes fondamentaux de l’Etat de droit. Cet article 3 rappelle en effet l’accès au pouvoir et son exercice doivent se faire « conformément à la constitution de l’Etat partie et au principe de l’Etat de droit. »

Selon un constat général, les changements anticonstitutionnels de gouvernement constituent l’une des causes essentielles d’insécurité, d’instabilité, de crise, et même des violents affrontements en Afrique.

C’est à ce titre que la Charte prévoit également des sanctions, en cas des changements anticonstitutionnels.

Même si les défis de la démocratisation du continent sont énormes, force est de reconnaitre que les efforts de l’Union Africaine et des organisations sous-régionales apportent des changements dans la culture démocratique.

L’alternance démocratique au Ghana avec l’enracinement de la démocratie reste un exemple éloquent. Le modèle démocratique Sud Africain, Sénégalais, Nigérian, au Cap Vert, en Ethiopie et l’alternance démocratique enregistrée récemment en Sierra Léone et au Libéria, deux pays ravagés par une dizaine d’années des guerres civiles, en République Démocratique du Congo et en Mauritanie, ou encore le Niger où le Président Issoufou n’a pas l’intention de se maintenir au pouvoir, restent des exemples illustrant.

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Grâce aux efforts de l’Union Africaine et des Organisations sous régionales, notamment la CEDEAO, la crise post électorale en Gambie et la gestion de la transition démocratique Burkinabé ont pu permettre de trouver une solution heureuse et un changement démocratique de régime.

A ce jour, l’Union Africaine fait face à la crise Soudanaise, après le renversement du régime d’El Béchir par une junte militaire. Avec l’implication du Conseil de paix de l’Union Africaine, la crise soudanaise est en phase de trouver une solution heureuse avec la mise en place d’un organe de transition composé de 5 militaires et 6 civils pour une durée de 3 ans. Un accord qui a permis de mettre fin aux violences lors des manifestations politiques qui ont fait des centaines de morts.

En Guinée, l’Union Africaine et la CEDEAO s’étaient fortement impliquées à la gestion de la crise politique sous l’ère CNDD, la junte militaire qui avait pris le pouvoir après la mort du Feu Président Lansana Conté. La transition démocratique mise en place après les accords de Ougadougou, avait permis d’organiser les premières élections démocratiques, qui ont permis au Président Alpha Condé d’accéder au pouvoir à l’issue d’un scrutin ouvert.

Lors de la crise post-électorale, l’UA et la CEDEAO ont également joué leur partition pour ramener la paix en Côte d’Ivoire. De même que la crise en Lybie et en Centrafrique où les efforts se multiplient pour raméner la paix malgré les hostilités.

A ceux qui prétendent modifier les constitutions de leurs pays pour se maintenir au pouvoir, l’Union Africaine et les organisations sous régionales, restent vigilantes.

Lors de sa prise de fonction, le nouveau Président en exercice de la CEDEAO, a indiqué que : « Nos pays disposent de constitutions les plus avancées, et nos processus électoraux sont de moins en moins objet de contestation. Sur ce point je voudrais rappeler que les processus électoraux conduits dans certains de nos états membres ont même conduit à des alternances », a déclaré Mahamadou Issoufou, citant l’exemple du Mali, du Ghana, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Nigéria, du Cap Vert et de la Gambie. Ajoutant qu’ : « En comparaison avec les autres régions du continent, notre région semble avoir une longueur d’avance en matière de respect des règles démocratiques. Nous disposons depuis 2001 d’un protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance fixant les principes constitutionnels communs à tous les Etats membres et réaffirmant que toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes, et transparentes. »

  Toutefois, rappelle Issoufou, « Des élections législatives et présidentielles seront organisées dans notre région en 2019 et 2020, nous devons veiller à ce qu’elles soient crédibles, transparentes et qu’elles ne donnent lieu à aucune contestation », a lancé le Président nigérien, qui promet de veiller à ce que la Cedeao conserve son leadership en matière de consolidation des institutions démocratiques.

En tout cas l’alternance démocratique reste un passage obligé pour permettre de créer un climat de paix, de stabilité politique et du décollage économique du continent Africain et favorise l’intégration Africaine.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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