Aly Nabé : le symbole même de la déliquescence de l’Etat

Venu de nulle part mais député tout de même ! Et pas de n’importe quel parti politique. Il s’agit bien sûr du RPG, le parti au pouvoir. Aly Nabé est donc cet élu du peuple qui promeut le massacre de ceux qui l’ont élu, pour la simple raison que le gouvernement est incapable de trouver une issue négociée à la grève qui prévaut au pays depuis trois semaines.

Pour Aly Nabé, l’unique option c’est le massacre. Le terme est bien choisi par son auteur, car, il dit l’assumer et niaisement, il renvoie aux uns et aux autres au dictionnaire pour trouver le sens de massacre. Certainement, c’est lui qui ne connait pas le terme et donc l’utilise d’une façon impropre. Et pourtant, sur les ondes d’une radio locale, Aly Nabé, l’homme qui a qualifié Ousmane Gaoual Diallo de captif sans éducation, lorsque celui-ci avait déclaré au Parlement que le premier violeur des lois de la République reste Alpha Condé lui-même. Aujourd’hui, à y voir tout près, on se rend compte que ce député du RPG est le symbole même de la déliquescence de l’Etat.

Cette seule déclaration suffit pour le prouver : « S’il faut massacrer, il faut massacrer pour rétablir l’autorité de l’Etat », se lâche l’ignare, méprisant carrément le statut qu’il incarne, le contexte social et son interlocuteur – K au carré – tout aussi ensuqué et perdu que lui. Comment un député peut-il inviter un ministre de la République, devant les députés, à massacrer ses concitoyens ne demandant qu’à ce que les lois soient respectées, à ce que les engagements pris soient respectés ? Que cette invite vienne du charisme d’Aly Nabé, cela ne semble point émouvoir, même sa propre famille politique, encore plus de l’opposition. Là-bas, on dit se concentrer « sur les élections, au lieu de s’occuper des idioties d’un député en mal de reconnaissance et planté. »

De toute évidence, dans un pays normal, le procureur devait s’autosaisir, le Parlement lui, lever sans réfléchir, l’immunité parlementaire de cet Aly-là. Vraisemblablement, les uns et les autres ne savent que sauter sur leurs grands chevaux pour crier le diable chez les autres. Aly Nabé, après cette déclaration devait être sorti du Parlement. Comble des idioties, il revient sur Djigui FM et verse dans la stigmatisation ethnique. On comprend aujourd’hui, pourquoi Alpha Condé souffre autant. Des excités du genre ne sauraient proposer des lois, des stratégies de sortie de crise, etc. De simples compléments d’effectifs pour faire passer des lois aux votes. Comme des moutons de panurge ou des automates. Triste pour une République !

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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