Angola : le fils de l’ex-président Dos Santos inculpé de fraude

Le fils de l’ancien président angolais, Jose Filomeno dos Santos, a été inculpé de fraude lundi pour avoir ordonné un virement jugé suspect de 500 millions de dollars au moment où il dirigeait le fonds souverain du pays.

La purge contre l’establishment Dos Santos se poursuit en Angola. Quelques mois après son élection, le nouveau chef d’État, João Lourenço, ne faiblit pas et son plan de déconstruction du clan de l’ancien président, resté au pouvoir depuis 40 ans, semble porter ses fruits.

Cette fois-ci, c’est le fils Dos Santos qui est dans le colimateur de la justice. José Filomeno dos Santos a été inculpé de fraude pour avoir ordonné une transaction de 500 millions de dollars (400 millions d’euros) effectuée à partir d’un compte appartenant à la banque centrale. Il est poursuivi pour « fraude, détournement de fonds, trafic d’influence, blanchiment d’argent et association criminelle », a énuméré le procureur général adjoint, Luís Benza Zanga, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Luanda, le 26 mars.

Surnommé Zenu, Jose Filomeno dos Santos avait été nommé en 2013 par son père, le président Jose Eduardo dos Santos, à la tête d’un fonds souverain créé un an plus tôt et doté d’un capital initial de 5 milliards de dollars puisés dans la manne pétrolière du pays. Il a été limogé de son poste en janvier dernier par le nouveau président de l’Angola, Joao Lourenço, qui a été élu sur la promesse de s’attaquer à la corruption endémique dans le pays. L’ancien directeur de la Banque centrale angolaise, Valter Filipe da Silva, a également été inculpé en relation avec cette affaire.

« Pas d’indulgence pour ce crime »

Le mouvement de fonds suspect, à destination d’un compte du Crédit suisse dans une de ses succursales londoniennes, a été ordonné en septembre depuis le compte du Fonds souverain à la Banque centrale, selon le magistrat. Il a précisé que l’argent avait depuis été rendu à l’Angola. La justice a placé les deux accusés sous contrôle judiciaire et leur a retiré leurs passeports. « Il n’y aura pas d’indulgence pour ce crime, même si l’argent a été rendu à notre pays », a insisté le magistrat, « nous irons jusqu’au bout de cette enquête, il n’y aura aucun pardon ».

José Eduardo dos Santos a dirigé l’Angola pendant trente-huit ans, un règne sans partage pendant lequel il a mis l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches. Son successeur, Joao Lourenço, issu du même Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), lui a succédé en septembre et a congédié, au nom de la lutte contre la corruption, de nombreux barons de l’ancien régime.

La demi-sœur de Zenu, Isabel dos Santos, a ainsi été limogée de son poste de PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol. La justice a ouvert au début du mois une enquête sur de possibles détournements de fonds sous sa présidence. Considérée comme la femme la plus riche d’Afrique, cette dernière a nié catégoriquement ces accusations.

Avec AFP et Reuters

http://www.france24.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.