Annulation de l’exclusion de Bah Oury de l’UFDG : rien n’est gagné pour l’ancien exilé politique

Le Tribunal de la Première Instance (TPI) de Dixinn a rendu son verdict ce vendredi 3 mars dans le procès qui oppose l’ancien vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Bah Oury à la direction nationale de ce parti. La justice annule l’exclusion il y a un peu plus d’un an du fondateur de la principale formation d’opposition au régime du président Alpha Condé.

Si juridiquement l’ancien exilé politique peut retourner au sein de l’UFDG, la partie s’annonce toutefois très compliquée pour lui. En cause, les dirigeants, les militants et les sympathisants du parti sont restés fidèles durant tout ce temps au camp de Cellou Dalein Diallo.

D’ores et déjà, certains ont fait part de leur rejet de la décision du tribunal. « La page de Bah Oury est définitivement tournée, il ne reviendra jamais à l’UFDG », réagi un militant qui voit derrière ce jugement « une tentative de déstabilisation du parti » dirigé par l’ancien Premier ministre.
Le député Ousmane Gaoual Diallo qui soutient le camp de Cellou Dalein estime que cette décision est sans conséquence. « Voici une décision qui est sans conséquence, [Bah Oury] jubile mais il oublie que ce sont les militants de l’UFDG qui ne veulent plus de lui », a-t-il fait remarquer peu après l’annonce du verdict, ajoutant que « l’amour forcé ne marche pas ».
Le président du groupe parlementaire Libéral-démocrate, Fodé Oussou Fofana, a annoncé pour sa part que l’UFDG interjetera appel pour faire annuler le jugement rendu ce vendredi. Il accuse le pouvoir d’avoir influencé le tribunal pour que celui-ci rende ce verdict afin de déstabiliser son principal adversaire dans l’échiquier politique.
C’est donc une victoire à demi-mot que le vice-président déchu vient de remporter sur le camp adverse. L’on se rappelle encore que c’est lors d’affrontements entre les deux factions rivales devant le siège de l’UFDG à la Minière que le journaliste Mohamed Koula Diallo a été tué par balle en février 2016. Le coupable court toujours…
Thierno Diallo, Kababachir.com

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