Nous, Collectif des autorités communale, traditionnelle et religieuse de Kankan, nous sommes réunies en ce mardi, 4ème jour du mois de septembre de l’an Deux mil sept à Kankan, pour examiner les conséquences et tirer les leçons des graves dommages collatéraux qui ont résulté des manifestations populaires des 10 et 11 février 2007.
Ces manifestations ont malheureusement causé de lourdes pertes en vies humaines devant la mémoire desquelles nous nous inclinons pieusement.
Elles ont aussi causé la destruction totale des archives coloniales et postcoloniales de la préfecture, ainsi que de graves sinistres aux principaux édifices publics, symboles et fierté de la ville de Kankan, notamment :
1. le « Dâ Kèmè », résidence des administrateurs coloniaux ainsi que des premiers maires élus de la ville, des gouverneurs et préfets depuis l’indépendance de notre pays ;
2. le Trésor public ;
3. les bureaux de la Préfecture et du Gouvernorat ;
4. la Cour d’appel et le tribunal de Première Instance ;
5. la Direction régionale des impôts ;
6. la Prison civile ;
7. la Mairie de la ville de Kankan, récemment construite.
Conscient de la gravité de ces sinistres qui requièrent d’importants financements nécessaires à la restauration de ces édifices historiques symboles typiques de Kankan ;
Considérant la réalité de l’insuffisance disproportionnée des moyens du gouvernorat, de la préfecture et de la commune de Kankan face à l’ampleur de la restauration des édifices et de la reconstitution des archives détruites;
- Considérant par ailleurs l’urgence des travaux à entreprendre avant la saison des pluies pour la remise en l’état d’origine de ces édifices, notamment le « Dâ Kèmè », véritable symbole de notre Cité,
Nous, Collectif des autorités communale, traditionnelle et religieuse de Kankan, lançons un vibrant appel à la générosité, à l’esprit de responsabilité et à la solidarité de tous les fils et filles originaires, résidents et amis de Kankan où qu’ils se trouvent, en Guinée, en Afrique, en Europe, dans les Amériques, au Moyen Orient, en Asie et en Océanie pour contribuer financièrement ou matériellement, dans la mesure des moyens de chacun et de chacune, à la restauration rapide et conforme des symboles historiques de notre Cité et à la reconstitution de notre mémoire institutionnelle (état civil, documentation administrative, politique et économique de la préfecture, etc.).
Nous insistons sur l’urgence de la situation en conviant chacun et chacune à agir vite avant qu’il ne soit trop tard. En effet, le temps et les intempéries, qui sont les ennemis des bâtiments abandonnés, risquent de compromettre gravement toute tentative de restauration ultérieure de ces joyaux de notre patrimoine commun ainsi que la reconstitution des archives préfectorales dont nous avons la charge de transmission aux générations futures comme nous les avons reçus nousmêmes des générations qui nous ont précédés, enrichis par nos propres apports et notre génie.
Nous vous invitons à diffuser cet appel autour de vous afin de mobiliser tous et chacun dans un puissant élan de solidarité associant opérateurs économiques, cadres et agents des secteurs publics et privés, ouvriers, artistes, ONG et associations de jeunes pour qu’ensemble nous relevions le défi qui nous est lancé par ceux qui ont débordé le cadre légitime des manifestations pour la défense de la justice sociale conduites par les syndicats et organisations de la société civile.
Originaires, résidents, amis et admirateurs de la Cité sur le Milo, debout pour la renaissance de Kankan !
Pour recevoir vos contributions financières, un compte bloqué est ouvert à ECOBANK GUINEE à Conakry, sous le numero 1002749151017 au nom du Comite charge de la Gestion de la Rehabilitation des infrastructures immobilieres et du re-archivage de Kankan «COGERIAK».
Ce compte sera géré collégialement par des personnes reconnues pour leur rigueur de gestion et leur intégrité morale. Des architectes de renom seront sollicités et mis à contribution pour proposer des plans de remise à l’identique de l’original et contrôler les travaux qui seront effectués par des entreprises elles-mêmes sélectionnées sur la base de leur compétence et de leur expérience. Des spécialistes de l’archivistique administrative seront également sollicités pour reconstituer en les modernisant les archives préfectorales.
Fragments d'histoire