Assassinat de Mme Boiro : 2 ans déjà, toujours rien !

Le 9 novembre, il y aura deux ans depuis l’assassinat de Mme Aissatou Boiro, alors directrice nationale du Trésor et de la comptabilité publique. Près de deux ans, après, toujours rien. Or, le veuf, Pr Ibrahima Boiro, floué par une promotion de poste ministérielle – Environnement – estime qu’il est important que la vérité jaillisse. Porté partie civile au côté de l’Etat, ce veuf-là qui rêve de voir le procès se tenir a été interrogé par le juge d’instruction à des fins d’enquête.

 Débarqué du gouvernement, aujourd’hui, le Pr Boiro déclare que l’assassinat de son épouse « doit appeler à des enquêtes profondes, systématiques et intelligentes. » Il est conscient que cela demande du temps. Un bémol tout de même : « Mais, je dois dire que l’État s’y est mis sans répit. Une première étape a été franchie. Disons que presque les trois cinquième des enquêtes sont déjà effectuées. En tant que veuf de madame Boiro, je dois dire que je suis ces enquêtes de près, j’y veille comme sur la prunelle de mes yeux et je dois dire que ça se passe bien. Peu importe le temps que cela prendra, même si cela fera bientôt deux années, mais je pense qu’on en n’arrivera pas à trois ans. Je suis en contact avec l’agent judiciaire de l’État qui y met le maximum de volonté, au nom de l’État», dira-t-il dans une interview qu’il a accordée à de Guineenews.

Pour la petite histoire, Aïssatou Boiro, directrice nationale du trésor et de la comptabilité publique a été assassinée le vendredi 9 novembre 2012 alors qu’elle revenait de son travail à 21 heures 15 minutes. A son arrivée à la tête du Trésor, une louche affaire de quelque treize milliards six cent millions GNF a été bloquée nette. Ce fut, selon le Pr Boiro, « la goutte qui a fait déborder le vase. » A l’annonce de cet assassinat, Conakry déplore, le gouvernement brandit des enquêtes, la Police et la Gendarmerie mises en branle. Des présumés mis aux arrêts. Très tôt, témoigne l’ancien ministre qui a troqué son ‘’veuvage’’ contre un poste ministériel, l’Etat a estimé qu’elle a été victime de la mafia économico-financière qui saigne les deniers publics. Et de conclure : « Mme Boiro a été victime de ses convictions, elle a été victime de ses certitudes, elle a été victime surtout de son patriotisme. Deux ans donc après, toujours rien de consistant.

Les Boiro attendent encore… Jusqu’à quand ?

Jeanne FOFANA, Kabanews

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