Assassinats ciblés : l’Opposition doit sévir au risque de disparaître !

Sévir à jamais ou disparaitre sordidement … sous les balles d’un pouvoir autocratique. C’est à ce choix et à ce choix seul, que doit être désormais soumise l’opposition et en particulier l’UFDG, principal parti politique d’opposition, ayant engrangé le plus grand nombre de militants tués par balles depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir.  Certains tués chez eux, d’autres en route pour leur domicile et un troisième groupe lors des manifestations politiques.

L’assassinat, lundi du président des motards de l’UFDG relance le débat sur l’urgence de changer de stratégie au sein de ce parti qui pleure encore ses morts à la pelle. Mais qui se limite tout simplement aux rengaines et clichés du genre : « Nous déplorons et condamnons fermement ». Ces genres de pratiques n’émeuvent jamais, on l’a compris, le parti au pouvoir et ses affidés. Avec l’assassinat d’Amadou Oury, l’UFDG doit se réveiller, retrousser les manches et sauver ce qui peut l’être, pendant qu’il est encore temps. Cette funeste attitude des auteurs et commanditaires n’est en réalité qu’une tentative pour voir le niveau des représailles de Dalein et ses militants.

S’il n y a aucune réaction ou plutôt de réactivité, les tueurs en séries s’assurent de fait que le boulevard est libre pour exécuter leurs sales besogne : attenter à la vie du parti au niveau de ses entrailles mêmes. C’est-à-dire, tuer les têtes couronnées, contraindre à l’exile les extrémistes, promouvoir les opportunistes, anéantir les financiers. In fine, désintégrer l’UFDG. Ce parti-là même qui empêche le RPG de dormir. Mais un parti poussé aujourd’hui bousculé jusqu’à son dernier retranchement.

 Amadou Oury a été tué, lundi, un député du même parti menacé. A quand la troisième, quatrième et énième victime des tueurs tapis dans l’ombre de l’opposant historique dont la phobie pour l’opposition républicaine  en dit long sur l’avenir incertain de ce quinquennat finissant.

A qui le prochain tour ? Nul ne le sait. Seulement, toute l’opposition, en première ligne Dalein et ses militants doivent taper du point sur la table pour siffler la fin des tueries. En réalité, l’œuvre qu’on est en train d’expérimenter aussi macabrement n’a rien à voir avec une couleur tribaliste. Arrivé par effraction, le président guinéen ne veut en aucun cas organiser les élections, comme il sait qu’il ne va pas les gagner. Seule astuce, créer le désordre et s’attendre à une réplique, puis sévir et mettre en mal tous opposants contre les autres Guinéens.

La lutte contre la complotite, les maladies imaginaires, les meurtres d’opposants   devraient interpeller toute la classe politique de l’opposition, car après tout, ce qui arrive aujourd’hui à l’UFDG, pourrait arriver demain à une autre formation politique. Autant se coaliser pour chasser le démon à l’origine du drame actuellement vécu mais qui risque d’être une hécatombe si on  n’y prend garde.

Jeanne FOFANA, Kabanews

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