ASSEMBLEE NATIONALE : Kory Kondiano, défenseur de son institution

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, n’est pas très bavard. Ainsi, en dehors des cérémonies d’ouverture ou de fermeture des sessions du parlement, on ne l’entend que très rarement. Mais quand il lui arrive de vouloir s’exprimer, il ne s’en prive pas. Surtout quand il s’agit de défendre l’institution de ce qu’il considère comme des attaques injustifiées de ses collègues parlementaires. Quitte à faire valoir une aversion contre la critique même constructive.
Quand il est question de défendre le temple, Claude Kory Kondiano ne s’embarrasse pas de protocole. Encore moins de gêne. C’est ce que ces collègues députés auront appris ces derniers jours suite à une sortie du président du parlement contre les députés qui se livrent, selon lui, à « attaques » contre l’Assemblée nationale. La seconde personnalité du pays est si mal à l’aise avec ses attaques venant de l’intérieur même du parlement que les responsables ne se gênent pas pour autant d’empocher leurs émoluments. Pour Claude Kory Kondiano, cela manque de responsabilité. Autrement, si on n’est pas d’accord avec le fonctionnement d’une institution ou que l’on ne l’associe qu’au négatif, on démissionne.
Présentés ainsi, les faits donnent raison à Kory Kondiano. Mais il y a qu’ils sont mal posés. Même s’il nuance sa sortie en rappelant qu’il s’adressait aux députés de toutes les tendances, en réalité, il s’adresse surtout aux députés de l’opposition en général et à de celle républicaine en particulier. Or, de quoi s’agit ? Surtout pas d’attaques contre le parlement. Les critiques çà et là distillées via la presse sont souvent orientées vers la mouvance présidentielle. L’opposition reproche à cette dernière une mauvaise et une solidarité mécanique à l’endroit du gouvernement. Ainsi, en dépit des nombreux scandales de corruption dont la presse s’est faite écho, aucune enquête parlementaire n’a encore été mise en place. Parce que majoritaires, les députés la majorité présidentielle s’y opposent. De même, de nombreuses lois iniques sont adoptées à la va-vite si elles sont favorables au pouvoir. Pendant ce temps, d’autres lois, d’une pertinence avérée, sont systématiquement bloquées quand le pouvoir n’en veut pas. C’est cette attitude que l’opposition dénonce et c’est très souvent pour dégager sa responsabilité vis-à-vis de l’opinion publique.
Ainsi donc, au lieu de critiquer ces dénonciations somme toute légitime, Kory Kondiano pourrait les examiner en tenant uniquement compte des intérêts supérieurs du pays qu’il est censé défendre. Il comprendrait alors qu’il n’y pas que des méchancetés.
Mohamed Sacko, www.kababachir.com

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