Attaques ciblées: L’inquiétude grandit dans la famille de Thierno Mamadou Bah

Une année après la destruction de leur maison d’habitation à Kaporo-rail, la famille de Thierno Mamadou Bah continue à subir des dures épreuves.

Installé désormais à Bomboli, dans le quartier Koloma, la famille du jeune activiste politique, reçoit des menaces et des intimidations de la part des hommes armés. Et ce, trois ans après le décès de son épouse tuée lors d’une attaque armée.

A la veuille du double scrutin contesté du 22 mars, la tension était vive à Koloma, particulièrement dans le secteur de Bomboli. Les agents de sécurité n’hésitent pas de rentrer dans les concessions familiales pour cueillir des jeunes.

Selon Ibrahima Bah, jeune frère de Thierno Mamadou Bah, dans la nuit du 18 au 19 mars dernier, un groupe d’hommes d’armes  a fait éruption dans la concession familiale à la recherche de son frère.

« On était assis dehors, du coup on a vu un pick-up de la  gendarmerie venir. Des hommes armés ont ouvert le feu. Tout le monde a fui, moi je suis rentré me réfugier à côté de notre maison, j’ai entendu l’un d’entre eux dire, c’est lui Thierno. Alors qu’il n’est même pas là, mais ils ont arrêtés certains jeunes, finalement j’ai fui », a –t-il expliqué.

Interpellé par un de nos reporters sur la perquisition du domicile familial de ce jeune activiste politique par des agents des forces de l’ordre, le Colonel Balla Samoura, réagit en ces termes :

« Les agents de sécurité veillent à la sécurité des personnes et de leurs biens. Il y a des jeunes qui sont manipulés par des acteurs politiques qui veulent semer des troubles dans le pays en disant qu’ils vont empêcher la tenue des élections. S’ils ne sont pas partants, qu’ils laissent les autres aller voter. Mais nous n’allons pas tolérer les troubles à l’ordre public. C’est pourquoi, nos hommes sont déployés pour la patrouille dans les zones sensibles. Ce n’est pas des attaques ciblées, mais nous allons mettre main aux fauteurs des troubles et restaurer l’ordre public », explique de son coté le Directeur régional de la Gendarmerie de Conakry.

Sur les raisons de cette attaque des hommes armés, Ibrahima Bah précise « Vous savez, comme mon frère est dans la politique, il est membre influent de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo,  ils sont en train d’arrêter certains jeunes de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa, qui veulent empêcher la tenue du double scrutin (législatives et référendaire) du 22 mars 2020. », explique-t-il. Avant d’ajouter : « Ce n’est une première fois que nous sommes victimes de ce gendre d’attaque. En 2017, nous avons été attaqués à cause de mon frère à Kaporo-rail et sa femme a été tuée suite à des altercations avec les forces de l’ordre », regrette ce jeune larmes aux yeux.

Mais pourquoi, cette famille est-elle la cible des hommes en uniformes ?

Selon les informations recueillies auprès de la famille, Thierno Mamadou Bah, est un jeune leader de l’axe, et membre influent de l’UFDG. Blessé à l’œil lors du massacre au stade 28 septembre, suite à un rassemblement d’opposants à la junte militaire du Capitaine Moussa Dadis Camara, il avait échappé de justesse à la mort. Mais son engagement politique coûte cher à sa famille.

« Notre maman nous a toujours dit qu’elle a peur pour nous à cause de mon frère qui est membre de l’UFDG. Quand elle regardait ses enfants, le décès de sa femme l’avait traumatisé. Mais mon frère avait la confiance du parti de Cellou Dalein Diallo, qui l’avait confié des responsabilités au sein de l’UFDG. », se souvient Ibrahima Bah.

  Pendant que l’opposition jure d’empêcher un 3ème mandat pour Alpha Condé, à travers les manifestations récurrentes du FNDC  (Front National pour la Défense de la Constitution), de nombreux citoyens se plaignent des exactions des forces de l’ordre dans la haute banlieue de Conakry, notamment sur l’axe Hamdallye-Bambéto-Cosa, où des jeunes n’hésitent pas à affronter les forces de l’ordre.

Selon cette plateforme de l’opposition et de la Société civile, ces violences ont endeuillé de nombreuses familles.

A ce jour, près des 200 jeunes ont été tués dans les manifestations contre un 3ème mandat pour Alpha Condé, depuis le début du mouvement de protestation.

Alkaly Sylla, www.kababachir.com

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