Au Mali, la colère des commerçants de Bamako

Les commerçants ne comprennent pas pourquoi les autorités n’appliquent pas leurs mesures restrictives dans tout le pays.

Le Grand Marché de Bamako (photo d’illustration)

Mariam Diawara démonte son stand avec le cœur lourd. Elle espérait exposer ses marchandises à la rue marchande de la commune du district de Bamako. La rue marchande est une foire qui se tient à Bamako et à Kati depuis plusieurs années pour célébrer les fêtes de Noël et de la Saint Sylvestre.

Une colère omniprésente

« Mais grande a été notre surprise lorsque nous avons appris que nous devons quitter les lieux en raison du coronavirus« , raconte cette commerçante. « J’estime que c’était plus simple de nous demander d’appliquer les mesures barrières. Mais venir du jour au lendemain tout démonter alors que nous avons fait de gros investissements ici, c’est inadmissible. Nous demandons réparation et on s’en remet à Dieu. »  

 « C’est cruel d’admettre que nous avons avancé de grosses sommes d’argent pour nous installer ici et que nous sommes sur le point de tout perdre« , estime Mamadou Soumano, un autre commerçant qui lui non plus ne cache pas sa colère. « J’ai appris que l’Etat va nous dédommager. C’est de la poudre aux yeux, ici personne ne croit en la parole des autorités. Nous avons des familles à nourrir et nous sommes très en colère.« 

Un marché à Bamako
Un marché à Bamako

Des pertes colossales

Abdina Karembé est l’un des organisateurs de la rue marchande de la commune 4 qui a enregistré cette année environ 600 exposants. Il évalue à plusieurs centaines de millions de Fcfa les pertes causées par la fermeture des différentes rues marchandes.

« Le grand marché de Bamako est ouvert quand même, le marché de lafiabougou est également ouvert. C’est des lieux de propagation par excellence de la ovid-19. Pourquoi la rue marchande ? C’est ce que nous ne comprenons pas. Mais nous sommes obligés de nous plier à la décision de notre gouvernement.« 

Outre la rue marchande, le gouvernement annonce la fermeture des écoles, bars, restaurants, et autres lieux de loisirs jusqu’au 10 janvier prochain pour tenter de freiner l’augmentation des cas liés au coronavirus.

Source: dw.com

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