Axe Coyah-Mamou-Dabola : Le calvaire des usagers (CARNET DE ROUTE)

Alors que les travaux de reconstruction de la route ont été lancés  en mai 2019, pratiquer l’axe Coyah-Mamou-Dabola reste un calvaire pour les usagers de cette route nationale.

D’une durée  contractuelle de 33 mois, les travaux de ce chantier de 370 km dont une quarantaine de ponts seront construits sur le tracé, devront finir en février 2022.

Les travaux sont exécutés par la China Road and Bridge Corporation (CRBC) tandis que le bureau de contrôle français Egis International assure la mission de contrôle et d’évaluation. Le coût total du projet est de 357 millions d’euros hors taxes dont 85 % issus du mécanisme de l’accord-cadre sino-guinéen et 15% du budget national de développement (BND).

Bien que les travaux se poursuivent, après quelques mois de ralentissement en raison de la pandémie de Covid-19, le projet traine les pas.

Selon le constat sur le terrain, depuis une dizaine de jours, les travaux sont momentanément arrêtés. Et ce, à deux mois du début de la saison des pluies.

Interrogé sur ce retard, un cadre du département des travaux publics, sous couvert de l’anonymat, qui s’est confié à notre rédaction parle  ‘’des raisons techniques’’ liés au changement du ministre à la tête du département des Travaux Publics.

Alors que le trafic est dense sur ce tronçon, qui relie Conakry  et les différentes régions de la Guinée profonde, les usagers de la route traversent actuellement un calvaire pour arriver à destination : rue poussiéreuse, tracasserie policière, arnaques, pannes techniques des engins roulants, accidents de route, restent pour l’instant le quotidien des usagers du tronçon Coyah-Mamou-Dabola.

Rues poussiéreuses, visibilité réduite, risque d’accidents…

Avec les travaux de reconstruction de la route, le tronçon Coyah-Mamou-Dabola  est difficilement praticable. Dans divers endroits l’ancien bitume a laissé la place à une rue poussiéreuse. Les déviations et les reconstructions des ponts et chaussées entrainent des poussières qui réduisent la visibilité aux conducteurs des engins roulants. Ce qui constitue un risque énorme d’accident de route.

Port de masques obligatoire

Pour voyager sur ce tronçon, conducteurs et passagers sont obligés de porter des masques. Cette fois-ci, pas pour se protéger contre le coronavirus, encore moins de craindre un contrôle de la mesure par les agents de sécurité, mais plutôt pour se protéger contre la poussière, qu’on ne pourrait éviter au cours du trajet.

 Tracasseries policières et arnaques

L’autre difficulté à laquelle les usagers de la route sont confrontés, est bien la tracasserie policière et les arnaques perpétrées par des hommes en uniformes.

Sur le long de l’axe Coyah-Mamou-Dabola, on peut compter plusieurs points de contrôles des forces de défense et de sécurité installées dans différents endroits de la route.

Qu’il s’agisse de la douane, des agents de la police ou de la gendarmerie, ou encore des militaires, les conducteurs de transports publics (taxis, minibus, car,..) et ceux des poids lourds (camions, remorques) sont obligés de payer ce qu’on appelle communément « levée de barrage’’. Un montant qui varie entre 5 000 FG, 10 000 FG et parfois 20 000 FG, selon le cas. Ceci n’a rien à voir avec la régularité des documents du véhicule (assurance, vignette,…)

De même, le contrôle des pièces d’identités des passagers restent également une véritable source de revenus des agents des forces de défense et de sécurité postés dans différents endroits.

Insécurité routière

Malgré une forte présence des forces de défense et de sécurité, les coupeurs des routes dictent leur loi. Les attaques armées nocturnes obligent certains usagers de la route à éviter de voyager la nuit. Récemment, plusieurs cas d’attaques armées des coupeurs de routes ont été signalés sur le long du trajet.

A cela, s’ajoute, les pannes techniques des engins roulants et accidents de route devenus fréquents.

Dimanche dernier, un véhicule de transport a fait un accident dans la localité de Souguéta, préfecture de Kindia, où trois personnes ont été légèrement blessées. Le mauvais état de la route a été la cause de l’accident.

Une semaine auparavant, un conducteur de moto a été tué par accident sur l’axe Mamou-Dabola. A en croire une source proche de la famille du défunt, le jeune Barry qui pilotait sa moto a été pris au piège sur une voie poussiéreuse en raison d’une faible visibilité, où il est entré en collision avec un véhicule, qui venait au sens inverse.

Du moins qu’on puisse dire, emprunter aujourd’hui le tronçon Coyah-Mamou-Dabola, reste un véritable parcours de combattant. Et à cette allure, la situation risque de se compliquer en saison des pluies, où Conakry risque de se couper avec l’intérieur du pays.

De retour de Mamou, Abdoul Wahab Barry pour www.kababachir.com

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