Bafoe Camara : le bourreau et ses larmes de crocodile

Celui sur qui pèsent de nombreux soupçons sur la répression sauvage avec morts d’hommes, durant ces dernières années, alors que les opposants républicains ne réclament que justice et démocratie, se dit « peiné de parler de morts », suite à la marche funéraire du FNDC, à la mi-octobre.

Ansoumane Baffoé Camara s’exprimait ainsi au cours d’une émission de grande écoute. On a compris par cette sortie que ce policier promu par Alpha Condé à cause de son engagement à l’encontre des opposants et de Dalein Diallo est en train de nuancer ses propos. Aujourd’hui, suite à la vive levée de boucliers faisant suite au raid contre le cortège funèbre du FNDC Bafoe reconnait volontiers : «C’est vrai, il y a eu utilisation abusive de gaz lacrymogène. » Sous d’autres cieux, pour ne pas être comptables des dérives répétitives soldées par morts d’hommes, la démission était mieux indiquée que de reconnaitre un fait d’aussi grave de conséquence. Avec lui, l’ensemble du gouvernement, pour son amateurisme, et sa hargne contre la démocratie.

Après Damaro, l’autre faucon, Makanera l’autre griot du RPG, c’est donc le tour de l’autre voleur qui crie au voleur, le bourreau qui crie à la victime : «Je suis vraiment peiné de  parler tout  le temps de morts, surtout qu’on parle de cortège funèbre.  Nous n’avons pas reçu d’ordre d’encadrer un cortège funèbre d’un point A à un point B.  On a des PA dans les périphéries de Bambeto… On était chargé de protéger les PA. C’est ce qui a fait que vous avez vu la présence des policiers et les gendarmes au rond-point de Bambeto. Je suis vraiment peiné de parler tout le temps de morts, surtout qu’on parle de cortège funèbre. »

C’est vraiment le bourreau qui crie à la victime ! car, dans l’imagerie des citoyens, rien ne justifiait la présence massive des forces antiémeute dans ce périmètre, alors que les jeunes éplorés ont encore en mémoire ces exactions et expéditions punitives dans leurs quartiers. Ils ont encore en mémoire le comportement sauvage de ces policiers et gendarmes qui renversent les marmites de pauvres femmes au foyer qui n’ont rien à voir avec des marches sur l’Axe. Bafoe tente de sauver sa tête et celle des siens. Mais, c’est raté avec ses larmes de crocodiles.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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